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Mission Artemis II : quel “climat” sur la Lune lors du survol historique d’Orion ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Alors que la mission Artemis II entame son retour vers la Terre ce 7 avril 2026, la Lune reste un monde aux conditions extrêmes. Sans atmosphère ni protection naturelle, son “climat” est marqué par des écarts de température vertigineux, un ensoleillement brutal et un environnement spatial particulièrement hostile. À cette occasion, la Chaîne Météo vous dit tout sur la géographie et le climat de la Lune. Découvrez la météo lunaire et ses conditions dantesques.

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La Terre vue depuis la sonde ORION © NASA - ARTEMIS

Cinquante-quatre ans après les dernières missions Apollo, la mission Artemis II marque le retour d’astronautes aux abords de la Lune en ce début avril 2026. Si aucun alunissage n’est prévu, ce survol habité constitue une étape clé vers les futures explorations. Il remet aussi en lumière les conditions extrêmes qui règnent à la surface lunaire, un environnement radicalement différent de celui de la Terre.

© La Chaîne Météo

Quel est le temps de trajet vers la Lune et dans quel contexte s’inscrit ce voyage ?

Il faut environ trois jours pour parcourir les quelques 384 000 kilomètres séparant la Terre de la Lune, à une vitesse moyenne proche de 4100 km/h pour une mission comme Artemis II. Ce voyage s’effectue vers un astre âgé d’environ 4,5 milliards d’années, dont l’origine remonte très probablement à un impact géant entre la Terre primitive et un corps de la taille de Mars. Cette collision a projeté dans l’espace une grande quantité de matière en fusion, qui s’est ensuite agglomérée pour former la Lune. Si ce scénario reste aujourd’hui le plus admis, il fait encore l’objet de débats. Les scientifiques estiment par ailleurs que la Lune a pu posséder une atmosphère temporaire liée à son activité volcanique, rapidement dissipée en raison de sa faible gravité. À titre de comparaison, la Lune est environ quatre fois plus petite que la Terre en diamètre, et nettement plus petite que Mars, qui fait environ deux fois sa taille.

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À quoi ressemble la surface lunaire et trouve-t-on de l'eau ?

Les observations récentes confirment la présence d’eau sur la Lune, principalement sous forme de glace dans son sous-sol et dans certaines zones très spécifiques. Cette eau proviendrait en grande partie d’impacts de comètes survenus il y a plusieurs milliards d’années. À la surface, elle ne peut pas se maintenir durablement en raison de températures extrêmes, dépassant 100°C en journée et chutant sous les -200°C la nuit. Elle subsiste donc piégée dans le sous-sol ou dans des zones protégées du rayonnement solaire. Aux pôles, en particulier au pôle sud, certains cratères plongés en permanence dans l’ombre conservent des températures très basses, de l’ordre de -200 à -230°C, permettant à cette glace de persister sur le long terme.

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Pourquoi n’y a-t-il pas de météo sur la Lune ?

À la différence de la Terre et même de la planète Mars, la Lune ne possède pratiquement pas d’atmosphère, à l’exception de traces très ténues de gaz issues d’une ancienne activité volcanique (hydrogène, argon, hélium, sodium). Cette absence empêche toute formation de phénomènes météorologiques : il n’y a ni vent, ni nuages, ni précipitations. Le paysage est donc entièrement minéral, désertique et extrêmement sec, en dehors des rares traces d’eau piégées dans le sous-sol. Le ciel y reste noir en permanence, même en plein jour, faute de gaz pour diffuser la lumière solaire. Le passage du jour, qui dure environ 14 jours terrestres, à la nuit de même durée, s’effectue sans transition. Sans effet de serre ni protection, la surface est directement exposée aux radiations et à des écarts thermiques très marqués, avec plus de 120°C en journée et jusqu’à -170°C, voire -230°C dans certains cratères polaires. Un environnement particulièrement hostile pour l’être humain.

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En quoi le cycle jour/nuit lunaire complique-t-il les missions ?

Une journée lunaire dure environ 29 jours et demi terrestres. Cela correspond à près de deux semaines de jour continu, suivies de deux semaines de nuit totale. Ce rythme amplifie les contrastes thermiques et impose des contraintes majeures pour les systèmes embarqués : gestion de l’énergie, résistance des matériaux et maintien des températures de fonctionnement.

Quels sont les principaux dangers pour les missions habitées ?

L’absence d’atmosphère et de champ magnétique global expose directement les astronautes et les équipements aux rayonnements solaires et cosmiques. À cela s’ajoute le risque lié aux micrométéorites, qui peuvent atteindre la surface sans être freinées. Les variations thermiques répétées fragilisent également les structures, ce qui impose des solutions techniques très robustes.

Pourquoi les régions polaires sont-elles stratégiques ?

Malgré cet environnement hostile, certaines zones de la Lune présentent un intérêt particulier, notamment les régions polaires. Dans les cratères en ombre permanente, les températures restent extrêmement basses, permettant la présence de glace d’eau. Cette ressource constitue un enjeu majeur pour les futures missions, tant pour la production d’eau potable que pour la fabrication d’oxygène et de carburant.

1969 : le premier pas sur la Lune, un exploit fondateur de l’exploration spatiale

En pleine Guerre froide, la mission Apollo 11 a concrétisé l’objectif fixé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy : envoyer des hommes sur la Lune avant la fin de la décennie. Lancée le 16 juillet 1969, elle conduit Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins en orbite lunaire.

Le 20 juillet, le module Eagle se pose sur la Lune. Quelques heures plus tard, Armstrong devient le premier homme à fouler le sol lunaire, suivi par Aldrin, sous le regard de centaines de millions de téléspectateurs. Après un peu plus de 21 heures sur place, les astronautes repartent, retrouvent Collins en orbite et regagnent la Terre le 24 juillet.

Cet événement marque une avancée scientifique et technologique majeure, et demeure, plus d’un demi-siècle plus tard, une référence de l’exploration humaine.

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