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Tempête Alex : épisode d'intempéries exceptionnel en fin de semaine

Par Florent SCHINDLER,
mis à jour le

Un nouvel épisode de fortes intempéries avec une tempête et des pluies intenses est surveillé par nos services pour la fin de la semaine. Eléments de précision avec Pascal Scaviner, chef du service prévisions à La Chaîne Météo qui revient sur cette actualité majeure dont nous vous parlons depuis le début de semaine.

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En quoi la situation de cette fin de semaine est à surveiller ?

P.S : Elle est à surveiller car le potentiel pour générer une situation exceptionnelle d’intempéries pour un mois d’octobre est là et se confirme. Le blocage d’un système dépressionnaire vaste et important, de vendredi à lundi, sur l’Europe de l’ouest et particulièrement sur la France reste le point de départ de cette forte dégradation. A l'intérieur de ce système dépressionnaire plusieurs dépressions très actives, et potentiellement puissantes, dont la tempête Alex dans la nuit de jeudi à vendredi, vont circuler lentement sur l'ouest puis le nord du pays et générer de fréquents vents très violents et de fortes pluies, et cela de manière répétitive sur les mêmes régions. Nous surveillons également de près le comportement du jet-stream et des vents en haute altitude, qui pourraient jouer sur la puissance des vents dans les basses couches durant cet épisode d'intempéries. Dans ce contexte la tempête Alex pourrait devenir une "bombe météorologique" comme le qualifient parfois les prévisionnistes. C'est une tempête automnale exceptionnelle par sa précocité dans la saison, son intensité remarquable et sa stagnation pendant 30 heures sur la Bretagne.

Quelles seront les zones les plus à risque et pour quels types de paramètres ?

P.S : La moitié ouest de l'hexagone sera la plus exposée aux risques d'intempéries liées à la tempête Alex et aux pluies intenses, particulièrement la Bretagne et le sud de l'Aquitaine, engendrant d'importants cumuls dont les valeurs maximales seront comprises localement entre un et deux mois de précipitations. Sur certaines régions comme le sud de l'Aquitaine, ces pluies viendront s'ajouter aux forts cumuls de la semaine dernière. Les régions comme l'ouest du massif Central et celles qui s'étendent de la PACA à la Bourgogne seront également exposées à de fortes pluies et des risques d'inondations locales. On ne peut exclure également des vents tempétueux dimanche sur la Normandie et les Hauts-de-France.

Le risque de tempête est-il confirmé ?

P.S : Il faut savoir que 81 % des tempêtes se produisent de l'automne à l'hiver, et 59% des tempêtes annuelles ont lieu l'hiver. Début octobre elles sont rares. Il faut remonter aux années 1980-1999 pour en trouver davantage traces. Le nombre de tempêtes à la fin du siècle dernier était d'ailleurs plus important que depuis les années 2000.

A ce jour, le risque de tempête est confirmé et évalué désormais à 80 % par nos services sur plus de 15% du territoire en moyenne. Les 20 % restant présentent un risque de forte tempête. Il est donc nécessaire de suivre les dernières analyses et prévisions de nos services en raison des conséquences potentiellement importantes que cela pourra avoir, notamment sur les transports, la circulation (chutes d'arbres, coupures électriques, liaisons maritimes perturbées) ainsi que les habitations.

Est-ce que ce type de situation est atypique ou classique pour la saison ?

P.S : L’analyse des modèles les plus performants montre encore à ce jour que cette situation est rare et très atypique pour la saison et même peut-être sur l'année. Le phénomène de blocage ainsi que la multiplicité et la forte intensité des dépressions secondaires qui vont circuler sur et à proximité de la France l'expliquent. En outre, la forte puissance probable de certaines dépressions pourrait renforcer ce caractère atypique. La liste des tempêtes remarquables depuis 1980 confirme la rareté de celles-ci début d'octobre. Certains se rappelleront peut-être l'ouragan des 16 et 17 octobre 1987 sur la Bretagne avec des vents jusqu'à 220 km/h sur Granville (50). La comparaison s'arrête là pour la date, car l'intensité de la tempête Alex sera moindre et surtout peu comparable de par son origine et sa puissance. Alex sera sans nul doute une très puissante dépression par son intensité et son dynamisme. Sa vitesse de progression à 70 km/h jusqu'à son entrée dans le golfe de Gascogne augmentera fortement en direction de l'estuaire de la Loire. Dans son évolution dans l'Atlantique, la pression chutera de 40 hPa en 24h pour atteindre une valeur en son centre autour 965 hPa proche des records.

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