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Météo santé : dépression saisonnière, pourquoi l’automne peut-il plomber notre moral ?
Vous partez travailler le matin dans la pénombre, vous rentrez alors qu’il fait déjà presque nuit… et votre énergie semble diminuer en même temps que la durée du jour. Simple coup de blues automnal ou véritable dépression saisonnière ? La lumière joue bel et bien un rôle sur notre horloge biologique et, chez certaines personnes, sur le moral.
Vous aussi, vous avez l’impression de passer en « mode hiver » ?
Chaque année, le scénario se répète. Dès septembre, les journées raccourcissent rapidement, on perd en moyenne 1h40 entre le début et la fin du mois. Puis arrivent octobre et novembre : le soleil reste plus bas sur l’horizon, les périodes de grisaille deviennent plus fréquentes et, avec le changement d’heure, la nuit tombe de plus en plus tôt. Résultat : notre exposition quotidienne à la lumière naturelle diminue fortement. Et ce changement n’est pas seulement une impression liée à une météo plus grise.
Notre organisme possède une véritable horloge interne, réglée notamment par l’alternance entre le jour et la nuit. Lorsque la luminosité diminue, ce rythme peut être perturbé chez certaines personnes.
Pourquoi moins de lumière peut-il jouer sur notre moral ?
La lumière intervient dans la régulation de la mélatonine, une hormone importante pour le sommeil, mais aussi dans les mécanismes impliquant la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe notamment à la régulation de l’humeur. Les chercheurs estiment que ces modifications, combinées à un dérèglement du rythme veille-sommeil, jouent un rôle dans le trouble affectif saisonnier.
Autrement dit, notre cerveau peut avoir davantage envie « d’hiberner » alors que notre agenda, lui, n’a pas changé.
Coup de mou ou véritable dépression saisonnière ?
Avoir moins envie de sortir lorsqu’il pleut ou se sentir fatigué après plusieurs journées grises ne signifie évidemment pas que l’on souffre de dépression saisonnière.
Le trouble affectif saisonnier est une forme de dépression qui revient selon un rythme saisonnier, le plus souvent à la fin de l’automne ou en hiver, avant de s’atténuer au printemps. Il peut notamment se traduire par une baisse persistante du moral, une perte d’intérêt, une grande fatigue, davantage de sommeil, des difficultés de concentration, une augmentation de l'appétit ou encore une tendance à s’isoler.
La question à se poser est donc moins « suis-je fatigué aujourd’hui ? » que « ces symptômes durent-ils et commencent-ils à perturber ma vie quotidienne ? ».
La météo grise est-elle vraiment responsable ?
Pas directement. Une journée pluvieuse ne provoque pas une dépression.
Le facteur le plus important semble être la diminution saisonnière de la durée d’ensoleillement. Une longue période de ciel gris peut toutefois accentuer cette sensation de manque de lumière, surtout lorsque l’on passe déjà une grande partie de la journée à l’intérieur.
Voilà pourquoi les régions situées aux latitudes élevées, où les journées hivernales sont particulièrement courtes, sont davantage concernées par le trouble affectif saisonnier.
Alors, comment garder la lumière allumée… dans sa journée ?
Premier réflexe : sortir. Même sous un ciel couvert, la lumière extérieure est généralement bien plus intense que celle d’une pièce éclairée artificiellement. Une promenade quotidienne, notamment en journée, permet donc de profiter au maximum de la lumière naturelle.
Maintenir une activité physique régulière, conserver des horaires de sommeil stables, continuer à voir ses proches et éviter de se couper de ses activités habituelles font également partie des recommandations générales.
Pour les personnes réellement touchées par un trouble affectif saisonnier, la luminothérapie peut être proposée : elle consiste à s’exposer régulièrement à une lumière artificielle très intense, généralement le matin. Elle peut cependant nécessiter un avis médical, notamment en cas de certaines maladies oculaires ou de traitements augmentant la sensibilité à la lumière.
Quant à la vitamine D, prudence avec les raccourcis : un déficit peut être associé au manque d’exposition solaire, mais les études restent partagées sur son efficacité comme traitement spécifique de la dépression saisonnière.
Et si le « blues de l’automne » s’installe vraiment ?
Quelques jours de fatigue ou de baisse de moral sont fréquents. En revanche, si la tristesse, le manque d’énergie, la perte d’envie ou l’isolement persistent et affectent la vie quotidienne, mieux vaut en parler à un médecin.
Et pour les amateurs de soleil, une consolation toute météorologique : dès le solstice d’hiver passé, les journées recommencent à rallonger. Lentement d’abord… puis de plus en plus vite.