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Climat de septembre en France : chaleur tardive, fraîcheur et début des épisodes méditerranéens
Septembre marque le début de l’automne météorologique, mais conserve souvent un visage estival. Les après-midi peuvent rester très chauds, tandis que les nuits fraîchissent rapidement. C’est aussi le début de la période à risque pour les épisodes méditerranéens dans le sud de la France.
Quel temps fait-il généralement en septembre en France ?
Septembre est un mois de transition aux contrastes parfois marqués. Entre le début et la fin du mois, les températures baissent en moyenne de 3°C en France et la durée du jour diminue de plus de 2 heures.
Sous un ciel dégagé, les matinées peuvent devenir très fraîches alors que les après-midi restent estivales : il est parfois possible de passer de 3°C le matin à 25°C l’après-midi.
Les extrêmes illustrent parfaitement ces contrastes : jusqu’à -7,1°C à Mouthe (Doubs) le 20 septembre 1962 et 40,5°C à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) le 7 septembre 2016.
Peut-il encore faire 35 à 40°C en septembre ?
Oui. Les vagues de chaleur tardives restent possibles, notamment pendant la première quinzaine. Septembre 2023 a ainsi connu une vague de chaleur historique, avec 8 à 10 jours à plus de 30°C dans certaines régions et de nombreux records mensuels.
Parmi les épisodes remarquables figurent également septembre 1949, longtemps référence pour la chaleur, 1987, 2016 et 2020. Le seuil des 40°C a même déjà été dépassé : 40,5°C ont été mesurés à Cambo-les-Bains en septembre 2016 et 40°C à Ajaccio le 17 septembre 1975.
Malgré le réchauffement climatique, septembre est le mois qui s’est le moins réchauffé en France depuis 1945, avec une hausse moyenne d’environ 0,9°C. Les mois de septembre chauds sont néanmoins devenus majoritaires depuis les années 2000.
Ainsi, les valeurs extrêmes observées en septembre en France sont de -7° à Mouthe (25) le 21 septembre 1962 et de 40°C à Ajaccio le 17 septembre 1975.
Les températures les plus basses relevées en septembre
-7,1°C à Mouthe (25), le 20 septembre 1962
-3,8°C à Bar-le-Duc (55), le 17 septembre 1971
-3,4°C à Charleville (08), le 30 septembre 2018
-3,1°C au Puy (43), le 27 septembre 1972
-3°C à Clermont-Ferrand (63), le 24 septembre 1928
Les températures les plus élevées relevées en septembre
40,5°C à Cambo-les-Bains (64), le 7 septembre 2016
38,7°C à Biarritz (64), le 7 septembre 2016
36,8°C à Clermont-Ferrand (63), le 16 septembre 1987
36,8°C à Nîmes (34), le 17 septembre 2019
36,2°C à Paris, le 2 septembre 1895
Septembre est-il un mois pluvieux ?
À l’échelle nationale, septembre reste généralement assez sec et bien ensoleillé. Il tombe en moyenne 47 mm à Paris, 63 mm à Strasbourg, 80 mm à Montpellier et 84 mm à Bordeaux, soit autant qu’à Brest.
La répartition des pluies devient cependant très irrégulière. Le sud-est peut connaître de longues périodes sèches entrecoupées de quelques épisodes pluvieux extrêmement intenses.
Pourquoi les épisodes méditerranéens commencent-ils en septembre ?
Septembre marque le début de la saison des épisodes méditerranéens, dont la période la plus propice s’étend jusqu’en novembre. Environ 57 % de ces épisodes surviennent en automne.
La Méditerranée encore très chaude fournit beaucoup d’humidité. Lorsqu’une dépression ou de l’air froid en altitude arrive sur la région, cette humidité peut alimenter de violents orages et provoquer des pluies diluviennes.
L’histoire climatique en fournit plusieurs exemples : près de 1 000 mm en 24 heures à Valleraugue en septembre 1900, plus de 440 mm en deux jours lors de la catastrophe de Vaison-la-Romaine en 1992 et jusqu’à 700 mm sur les Cévennes lors des inondations du Gard des 8 et 9 septembre 2002.
Gel, neige et tempêtes : les autres extrêmes de septembre
À l’opposé des fortes chaleurs, les premières gelées peuvent exceptionnellement apparaître en plaine dès septembre. La neige peut également faire une apparition temporaire en moyenne montagne : en septembre 2020, 30 à 50 cm étaient tombés sur certains secteurs des Alpes et des Pyrénées dès 1 300 m.
Les tempêtes atlantiques restent rares à cette époque. En revanche, de violents coups de vent peuvent accompagner les dépressions méditerranéennes : 162 km/h avaient été relevés à Toulon lors d’un épisode de type médicane en septembre 1947 et 195 km/h à Cagnano, en Corse, lors de la tempête Alex en septembre 2020.
Septembre en France : les chiffres à retenir
Baisse moyenne des températures au cours du mois : 3°C
Diminution de la durée du jour : plus de 2 heures
Record de chaleur : 40,5°C à Cambo-les-Bains en 2016
Record de froid : -7,1°C à Mouthe en 1962
Pluie moyenne : 47 mm à Paris, 80 mm à Montpellier, 84 mm à Bordeaux
57 % des épisodes méditerranéens surviennent en automne
Réchauffement moyen de septembre depuis 1945 : environ +0,9°C
Septembre dans les archives météo depuis 1900
Pluie, orages et inondations
Les mois de septembre sont propices aux premiers épisodes méditerranéens, même si cette période est encore considérée comme précoce dans ce cas. On note plutôt des orages de fin d’été dont l’ampleur est moindre. Mais certains épisodes cévenols majeurs se sont produits en septembre.
1900 : fin septembre, un épisode cévenol de 6 jours donne lieu à l'un des records de pluie en 24 h en France métropolitaine avec près de 1000 mm à Valleraugue (Gard) en un jour.
1958 : un épisode cévenol majeur se produit les 29 et 30 septembre. La commune d’Anduze (30) est ravagée. On déplore une trentaine de victimes.
1959 : le 25 septembre, c’est au tour des Landes de subir de graves inondations (crue inhabituelle de l’Adour pour la saison).
1980 : crue exceptionnelle du haut bassin de la Loire et de ses affluents : il tombe plus de 300 mm par jour sur les reliefs cévenols. La plaine du Forez (42) est particulièrement sinistrée. On déplore 8 morts.
1992 : catastrophe de Vaison-la-Romaine, l’une des tragédies les plus marquantes survenue en France métropolitaine. Un orage stationnaire provoque la crue de l’Ouvèze, laquelle ravage la commune de Vaison-la-Romaine (Vaucluse), faisant 47 morts. Il tombe plus de 200 mm en 4h30, avec un total de plus de 440 mm sur les deux jours.
1992 : les 26 et 27 septembre, un nouvel épisode très pluvieux frappe durement la commune de Rennes-les-Bains dans l’Aude.
2002 : catastrophe du Gard les 8 et 9 septembre. Il s’agit d’un évènement majeur et précoce, d’une grande extension géographique. Les cumuls atteignent jusqu’à 700 mm sur les Cévennes. On compte 27 morts et 12 disparus à l’époque.
2005 : du 5 au 9 septembre, épisode orageux majeur avec des inondations dans le Gard. Il tombe de 400 à 600 mm dans le secteur de Nîmes. Les dégâts sont considérables (réseau routier et bâtiments sinistrés).
2020 : le 19, un épisode cévenol très concentré sur le massif de l'Aigoual provoque l'un des plus forts cumuls de pluie en 24 h en France (avec les années 1900 et 1958), avec près de 700 mm à Valleraugue (Gard), occasionnant des crues très brutales.
Vagues de chaleur tardives
Les vagues de chaleur, parfois fortes, sont fréquentes en septembre. La plus sévère semble revenir à l’année 1875 où Paris avait battu son record absolu (36,2°C). Le mois de septembre 1947 et 1949 ont été également très chauds. Plus près de nous, des records avaient été battus aussi en première quinzaine de septembre 2016, qui fait référence parmi les plus chauds.
1911 : le record de Paris pour le 20ème siècle avec 35,6° / 35° à Brest / 38° à Toulouse.
1947 : longue période chaude avec plus de 5 jours consécutifs à 30°C sur la France, comme à Paris où il fait jusqu’à 33,2°C le 15 septembre et 33,4°C à Strasbourg.
1949 : le mois de septembre le plus chaud deouis 1900 avec jusqu’à 38° à Cazaux / 36° à Bordeaux / 35° à Angers et Paris.
1961 : le 2ème mois de septembre le plus chaud depuis 1900, avec 38° à Tours et Bordeaux / 37° au Mans / 36° à Alençon, Rennes et Caen, et 35° à Rouen.
1962 : gros coup de chaud en début de mois, avec jusqu’à 37°C à Biarritz et Dax, 33°C à Strasbourg.
1973 : vague de chaleur jusqu’au 7 septembre, avec 35,6° à Montauban et 33° à Paris et Reims.
1975 : un coup de vent du sud, le Sirocco, fait monter le thermomètre à 40°C à Ajaccio. Il s’agit des 40°C les plus tardifs jamais observés.
1985 : longue vague de chaleur pendant la 2ème quinzaine de septembre jusqu’en début octobre, avec des températures atteignant 30° à 34° sur l’hexagone tous les jours, et encore 28°C à Paris le 1er octobre !
1987 : du 13 au 21 septembre, une longue vague de chaleur se produit avec des niveaux inédits pour la saison, jusqu’à 38° à Auch et 37° à Clermont-Fd.
2006 : la première quinzaine est très chaude avec des valeurs atteignant 36,6° à Dax et 32,9°C à Caen (14).
2011 : vague de chaleur tardive du 25 septembre au 4 octobre, avec des valeurs records pour la saison, jusqu’à 31°C en Bretagne.
2013 : coup de chaleur les 4 et 5 septembre, avec de 32°C à 34°C sur toute la France (33° à Paris).
2016 : la première quinzaine est l’une des plus chaudes depuis 1900, avec des températures records quasiment tous les jours, avec 38,7°C à Biarritz, 35,8°C à Nîmes et 40,5°C à Cambo-les-Bains (64).
2020 : une vague de chaleur notable et tardive concerne les deux tiers sud-ouest et nord-est de la France du 13 au 19 : de nombreux grands records sont battus, avec 34° à Nancy, 35° à Lille et au Mans, et des pics à 37°C en Aquitaine. On relève aussi 36°C à Bourges et 35°C à Paris.
2023 : vague de chaleur historique, rivalisant presque avec celle de 1911. On relève 8 à 10 jours à plus de 30°C du centre-ouest au bassin parisien et à la Normandie, avec de nombreux records mensuels : 37°C à Poitiers, 36,4°C à Bourges, 35,5 à Chartres, 35,4°C à Evreux, et jusqu'à 36,5°C à Paris - jardin du Luxembourg
Fraîcheur précoce
Certains mois de septembre ont connu des coups de fraîcheur parfois remarquables. Des gelées en plaine se sont parfois produites (alors que les dates moyennes des premières gelées se situent plutôt entre la mi-octobre et la fin novembre selon les régions). La neige n’est pas rare en moyenne montagne, mais ne tient jamais bien longtemps. Il est étonnant de constater que certaines séquences froides interviennent souvent au sein d’un mois chaud, avec de très fortes amplitudes thermiques.
1928 : il gèle à -3°C à Clermont-Fd (63).
1931 : un mois froid avec des gelées quasi quotidiennes, de 0°C à -3°C (en Bourgogne). Déficit de -4°C au niveau national. Il neige dès 600 m d’altitude.
1972 : le mois est froid avec des gelées quasi quotidiennes, les plus précoces depuis septembre 1945. (déficit de -3°C au niveau national).
2003 : après le mois d’août caniculaire, quelques nuits dégagées entraînent des gelées précoces (-2°C à Charleville-Mézières le 25 septembre).
2007 : une goutte froide plonge sur la France. Sous les giboulées, les températures ne dépassent pas 11°C à 13°C à la fin du mois et il neige en montagne dès 1400 m (de 20 à 30 cm). Des orages de grêle frappent la Côte d'Azur.
2017 : froid précoce en milieu du mois avec de la neige qui saupoudre les monts d’Auvergne au-dessus de 1500 m d’altitude.
2018 : la fin septembre est froide au sein d’un mois pourtant supérieur aux moyennes. On relève des records de températures maximales basses (13,7°C à Lille).
2019 : matinée bien fraîche le 6 septembre avec la première gelée dans l’Oise (-0,4°C).
2020 : même contexte que fin septembre 2007 : le 25, une descente d'air polaire provoque des orages et giboulées avec des températures entre 11° et 13° après deux semaines de chaleur. Des records de températures maximales basses datant de 1931 sont battus (9,5°C à Nancy). La neige tombe en abondance sur les massifs dès 1300 m d'altitude (30 à 50 cm sur les Alpes et Pyrénées). Des records de froid sont battus en haute montagne (-13° dans les Alpes).
2024 : une vague de fraîcheur notable précoce se produit avant la mi-septembre avec quelques gelées sous-abri et une journée au 3ème rang des plus fraîches depuis le début des relevés.
Les tempêtes
Le mois de septembre n’est pas un mois tempétueux car les dépressions atlantiques circulent davantage sur les hautes latitudes et ne sont pas aussi creuses qu’en hiver. Cependant, la Méditerranée est parfois le siège de brusques coups de vent en liaison avec les épisodes méditerranéens. Voici quelques tempêtes remarquables survenues en septembre :
1947 : 25 et 26 septembre, un « médicane » circule des Baléares vers la Côte d’Azur, avec des vents atteignant 162 km/h à Toulon (Var). Cet épisode reste comme l’un des plus puissants au sud-est de la France.
1983 : le 30 septembre, un médicane frappe la Corse avec des rafales à 150 km/h.
1993 : les 12 et 13 septembre, l’ex tempête tropicale Floyd aborde le nord-ouest de la France et provoque une tempête, avec 158 km/h à Belle-Ile et généralement 140 km/h sur les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes.
2020 : le 25, en liaison avec l'arrivée d'air froid, la tempête Alex balaie le sud de la France. Les vents sont tempétueux sur les littoraux avec 114 km/h à Socoa, 139 km/h à Perpignan (record mensuel) et 195 km/h à Cagnano (Corse).