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Bilan climatique mondial 2025 : la 3ème année la plus chaude, des extrêmes qui pèsent lourd
Malgré la dissipation d’El Niño au fil de l’année, 2025 confirme un niveau de chaleur durable à l’échelle mondiale, se plaçant en 3ème position des années les plus chaudes après 2024 et 2023. Les océans restent le moteur principal de ce contexte, tandis que les extrêmes hydrologiques (pluies intenses / sécheresses) continuent d'alterner d’un continent à l’autre.
L'année 2025 figure désormais dans le peloton de tête des 3 années les plus chaudes au niveau planétaire. Nous revenons sur les principales caractéristiques météorologiques survenues, en les replaçant dans cette évolution climatique selon les thèmes principaux : atmosphère, océans et hydrologie.
Atmosphère : une chaleur durable — 2025 se classe au 3e rang mondial, autour de +1,4 à +1,5°C par rapport à 1850-1900, sans empêcher des épisodes froids marqués à l’échelle régionale, comme en Amérique du Nord en janvier 2025 (neige jusque sur les plages de Floride) ainsi qu'en Scandinavie et en Europe de l'est (décembre 2025 / janvier 2026).
Océans : le réservoir de chaleur ne “redescend” pas — le contenu de chaleur (0–2000 m) bat un nouveau record : les 2 premiers kilomètres d’océan ont “stocké” encore plus de chaleur qu’en 2024 (1). Ce contexte océanique pèse sur la dynamique des pluies intenses et l’alimentation de certains cyclones.
Pluies : des contrastes extrêmes — l’année illustre surtout une accentuation des contrastes, avec des épisodes de pluies intenses plus dommageables et, ailleurs, des déficits persistants. Exemple marquant en fin d’année : en Asie du Sud-Est (Vietnam, Thaïlande, Indonésie), une combinaison de systèmes (interaction de circulations dépressionnaires et mousson renforcée) a déclenché crues, glissements de terrain et inondations rapides.
En décembre, une rivière atmosphérique a aussi provoqué des inondations majeures dans le Nord-Ouest Pacifique (Canada/États-Unis), illustrant le potentiel destructeur de ces “couloirs d’humidité” lorsqu’ils se bloquent plusieurs jours sur les reliefs.
Sécheresses et feux : stress hydrique durable — le Canada a connu sa 2e pire saison d’incendies, avec plus de 8,3 millions d’hectares brûlés. La Californie avait connu en plein hiver (janvier 2025) des feux exceptionnels.
Banquises : un signal toujours très dégradé — février 2025 a vu un minimum record de glace de mer globale, et le minimum arctique 2025 s’inscrit dans le “top 10” des plus faibles (2)
Ozone : une évolution encourageante — le trou d’ozone antarctique 2025 a été plus petit et s’est refermé dès le 1er décembre, un signe cohérent avec la tendance au rétablissement (3).
Ouragans et tempêtes : activité “moyenne” en nombre, mais avec des phénomènes très puissants — l’Atlantique 2025 a compté 13 tempêtes nommées, 5 ouragans et 4 majeurs, avec des intensifications très puissantes sur des mers chaudes.
D'un point de vue climatique, le risque ne se résume pas au “nombre”. Les impacts majeurs proviennent souvent de la pluie, de la submersion et des intensifications rapides, particulièrement lorsque l’océan reste très chaud.
Facture économique : en baisse sur 2024, mais très élevée — Munich Re estime les pertes à 224 Md$ dont 108 Md$ assurés, et Swiss Re évalue les pertes assurées à 107 Md$. Même “en baisse”, 2025 s’inscrit encore parmi les années à très forte facture assurantielle (4).
Ce qu’il faut en retenir
2025 confirme un climat mondial très chaud, dominé par des océans au contenu thermique record, et une météo plus contrastée : pluies extrêmes d’un côté, sécheresses et feux de l’autre. La facture des catastrophes recule par rapport à 2024, mais reste à un niveau très élevé, signe d’une vulnérabilité permanente face aux risques climatiques.
Ces 5 évènements qui ont marqué 2025
1) Les incendies de Los Angeles (États-Unis)
Événement le plus coûteux en pertes assurées en 2025 selon Munich Re, illustrant la combinaison chaleur/sécheresse/vents et l’exposition urbaine.
2) L’ouragan Melissa (Caraïbes), catégorie 5
Intensification fulgurante sur des eaux anormalement chaudes, avec des risques majeurs de submersion et d’inondations, symbole d’une saison atlantique à très forte intensité.
La saison cyclonique 2025 a été marquée par trois cyclones de catégorie 5 :
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) October 31, 2025
#Erin : 11 au 29/08
Pression 915hPa I Vent : 260 km/h*
#Humberto : 24/09-01/10
Pression 925hPa I Vent : 260 km/h*
#Melissa : 21 au 31/10
Pression 892 hPa I Vent : 295 km/h*
*vent max soutenu pic.twitter.com/OFDBAyZxLy
3) Les inondations meurtrières en Asie du Sud-Est (Indonésie, Thaïlande…)
Fin 2025, une séquence de tempêtes et pluies extrêmes a provoqué crues et glissements de terrain, avec un bilan humain très lourd et des destructions massives.
4) Les inondations du Pacifique Nord-Ouest (Canada/USA) par “rivière atmosphérique”
En décembre, des pluies intenses et persistantes ont entraîné crues et dégâts sur de vastes secteurs, épisode emblématique d’un risque hydrologique en hausse.
5) La saison des feux au Canada : une des plus sévères jamais observées
Des millions d’hectares brûlés, avec une saison longue et difficile à contenir : l’un des marqueurs les plus nets d’un stress climatique croissant en Amérique du Nord.
En 2025, le climat mondial a confirmé le pic de chaleur de ces dernières années : après le record de 2024, l’année écoulée s’inscrit au 3e rang des plus chaudes, avec une planète “pilotée” par des océans durablement très chauds, qui peinent à se rafraichir.
Quelle évolution pour ces prochaines années ?
Pour 2026, le Met Office anticipe une année encore très chaude à l’échelle planétaire, avec une anomalie moyenne estimée autour de +1,46°C par rapport à 1850-1900 (fourchette 1,34 à 1,58°C) : une 4e année consécutive au-dessus de +1,4°C, avec la possibilité d’un dépassement temporaire de +1,5°C selon les scénarios.
Notes et références :
(1) - Contenu thermique des océans atteint un nouveau record en 2025
(2) - Etat de la banquise arctique en 2025
(3) - Le trou de la couche d'ozone se referme
(4) - Une année 2025 encore couteuse mais moins que 2024