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Grands froids et tempêtes de neige en Europe : l'hiver le plus froid depuis 2017

Par Regis CREPET, météorologue
mis à jour le

Depuis le début de l'année, l’Europe de l’Est et le nord du continent subissent une séquence hivernale marquée : froid durable sous influence continentale, puis épisodes de neige lorsque des perturbations plus douces viennent “buter” sur l’air glacial. Des situations à forts impacts, du trafic à l’énergie. A ce jour, cet hiver est le plus froid depuis 2017.

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Des températures près de -20°C sous les moyennes en Europe de l'est © La Chaine Météo

Un blocage scandinave et des conflits de masses d'air depuis le début de l’année

La mécanique est classique : une zone de hautes pressions s’installe ou se renforce vers la Scandinavie, favorisant l’écoulement d’un air très froid vers la Russie, la Baltique et l’Ukraine, tandis que des dépressions circulent plus au sud et à l’ouest.
Lorsque ces perturbations abordent ces masses d'air glaciales, le redoux en altitude n’apporte pas forcément la pluie : il déclenche souvent des chutes de neige abondantes, parfois accompagnées de vent et de congères. C’est ce qui s’est produit ces derniers jours avec des épisodes hivernaux perturbant fortement les transports en Europe du Nord. Les pluies verglaçantes ont également paralysé les pays des Balkans le week-end dernier.

Des chutes de neige historiques et un froid rigoureux, sans dégel par endroits

À Moscou, la chute de neige du 9 janvier est classée parmi les cinq plus fortes en 146 ans d’archives : la station principale a mesuré 38 cm de neige sur 24 h, soit 42% de la normale mensuelle, avec une couche au sol devenue rapidement très importante en ville.
En Allemagne, la neige et le verglas ont entraîné des coupures de trafic, Deutsche Bahn ayant même interrompu des circulations ferroviaires dans le nord du pays lors du passage de la tempête Goretti, avec des intensités localement marquées (40 cm à Hambourg et des congères de 2 mètres).
Plus au nord, la Finlande a basculé dans un froid remarquable : -37°C mesurés à l’aéroport de Kittilä et des valeurs s’approchant de -40°C selon l’Institut météorologique finlandais ; début janvier, la Laponie a déjà touché -41.5°C à Karasjok.
En Ukraine, le gel est également sévère : Kiev a connu des pointes proches de -19°C, alors que les températures maximales restent souvent bloquées entre -10°C et -15°C en journée. Cette vague de froid aggrave une situation déjà critique à cause des attaques sur les infrastructures, avec coupures de courant et de chauffage en pleine période glaciale.

Pour les prochains jours, les grands froids sans dégel vont se maintenir en Ukraine, à Moscou ainsi qu'en Finlande : de façon moins intense et après un très léger redoux actuel, les températures resteront durablement autour de -15 à -20°C les nuits et de -5 à -10°C en journée. A ce jour, cet hiver est le plus froid depuis au moins 2017 à l'échelle de l'Europe centrale et de l'est, localement 2010 en Scandinavie : cette situation n'est donc pas anodine.

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