Actualités Météo
Pourquoi les journées les plus courtes ne sont pas les plus froides ?
Autour du 21 décembre, nous vivons le jour le plus court de l’année, mais ce n’est généralement pas là que le froid « moyen » atteint son maximum. L’indicateur thermique continue de baisser après le solstice, avec un minimum plutôt observé fin janvier : un effet bien connu d’inertie thermique.
Un décalage net entre durée du jour et froid
Sur le papier, l’idée paraît logique : moins de soleil, donc plus froid. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. À Paris, la durée du jour passe d’environ 8h33 au 1er décembre à 8h14 autour du 21 décembre, puis recommence déjà à remonter (environ 8h20 au 1er janvier). Malgré cela, l’indicateur thermique ne touche pas son minimum au solstice : il descend encore et atteint son plancher vers le 26 janvier avec 4,6 °C, avant de remonter ensuite (autour de 7 °C au 1er mars, alors que la journée dure déjà 11h01).
L’inertie thermique : la Terre “met du temps” à se refroidir… et à se réchauffer
La clé, c’est que l’atmosphère n’agit pas seule : les sols et surtout les océans stockent et restituent de l’énergie lentement. Même si, dès après le solstice, l’ensoleillement quotidien augmente progressivement, le « bilan » reste souvent déficitaire pendant plusieurs semaines : les longues nuits, le soleil très bas, l’air sec et le ciel dégagé favorisent les pertes de chaleur (rayonnement nocturne). Résultat : la température moyenne a tendance à continuer de baisser, jusqu’à ce que le système « rattrape » l’augmentation de l’énergie reçue.
Pourquoi on peut avoir du très froid… avant ou après le minimum “moyen”
Ce décalage ne veut pas dire qu’il ne peut pas geler fort en décembre, ni qu’il fera forcément plus doux fin janvier. À l’échelle de quelques jours, ce sont surtout les masses d’air (flux continental, retours d’est, inversions sous anticyclone, passages perturbés plus doux) qui font la différence. En clair : la durée du jour donne la tendance saisonnière, mais la circulation atmosphérique décide souvent du “coup de froid” ou du redoux.
Finalement, l’hiver fonctionne comme l’été : le solstice marque un tournant astronomique, pas le pic immédiat de froid. Le thermomètre, lui, suit le tempo plus lent de l’inertie… et le tempo plus rapide de la météo.