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Péninsule Ibérique et Maghreb : pourquoi les dépressions s’enchaînent
Depuis plusieurs semaines, l’Espagne et le Portugal subissent une succession de dépressions atlantiques, avec des pluies parfois torrentielles et des crues répétées. Ce scénario est lié à un courant-jet plus au sud que d’habitude, qui guide les perturbations vers la péninsule et le nord du Maghreb.
Un courant-jet abaissé qui ouvre un « rail » direct vers la péninsule ibérique
Quand le courant-jet s’abaisse en latitude, il agit comme une autoroute pour les dépressions : les centres d’action se succèdent sur l’Atlantique, puis sont propulsés vers le Portugal et l’Espagne et le nord du Maghreb. Dans ce flux d’ouest à sud-ouest, l’air océanique arrive chargé en humidité, et les fronts se réactivent au contact des reliefs exposés, ce qui favorise des pluies durables et parfois très intenses sur les versants au vent.
Des blocages sur les mêmes zones à risque
L’autre ingrédient est la tendance au blocage : au lieu de laisser passer une perturbation puis de réinstaller rapidement des hautes pressions, la dynamique laisse la porte ouverte aux nouvelles dépressions, ce qui « additionne » les cumuls sur des sols déjà saturés. C’est typiquement dans ce contexte que la tempête Leonardo s’inscrit dans une série d’épisodes hivernaux marqués, avec inondations à répétition sur la péninsule.
Pourquoi la pluie devient exceptionnelle localement
Même avec une situation météorologique de grande échelle, les maximums pluviométriques se jouent à petite échelle : position exacte du jet, trajectoire des minimums dépressionnaires comme la tempête Kristin, bandes pluvieuses quasi stationnaires et renforcement orographique (sur les reliefs). C’est ce cocktail qui permet d’atteindre des intensités rares sur certains reliefs andalous, alors que des régions voisines sont nettement moins touchées.