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Une sécheresse est-elle possible cet été malgré toutes les pluies de cet hiver ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Après un hiver particulièrement arrosé qui a largement rechargé les réserves d’eau souterraine, la question de l’éventuelle sécheresse de l’été revient régulièrement. Pourtant, alors que les nappes phréatiques sont bien remplies, il existe toujours un risque de sécheresse de surface si l’été s’avère très chaud et sec, comme en 2018.

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Un hiver exceptionnellement pluvieux qui a rechargé les nappes

L’hiver qui vient de s’écouler a été marqué par des pluies fréquentes et abondantes sur une grande partie du pays. Ces précipitations ont permis une recharge significative des nappes phréatiques, avec des niveaux supérieurs aux normales saisonnières sur une majorité de points de suivi. Cette situation est loin d’être anodine car les nappes constituaient, il y a encore quelques années, un des principaux points de vulnérabilité lors des étés chauds. Dans plusieurs bassins, la recharge hivernale a même atteint ou dépassé les stocks observés lors des hivers précédents, conférant un bon matelas hydrique à l’approche de la saison chaude.

Un printemps plutôt standard en perspective, sans déficit notable

Selon nos prévisions saisonnières, mises à jour ce 25 février, le printemps à venir ne montre pas de signe de sécheresse immédiate : le manteau neigeux en montagne devrait fondre progressivement en alimentant les cours d’eau, et les précipitations resteraient généralement proches des normales. Cette situation permettra non seulement de maintenir les niveaux des nappes, mais aussi d’assurer une humidité de surface relativement satisfaisante tant que les pluies de printemps persistent.

vers un été chaud mais ponctué d’orages, et un faible risque de sécheresse de surface

Même avec des nappes bien remplies, un été très chaud et durablement sec peut entraîner une sécheresse de surface, caractérisée par des sols desséchés, comme on a pu l’observer lors de l’été 2018 en Europe, marqué par une forte chaleur et des déficits hydrologiques importants, malgré des inondations survenues en février. Sur le plan hydrique, cela ne signifie pas dans ce cas une rupture des réserves souterraines, mais plutôt une situation de stress pour les sols, les cultures et les petits cours d’eau, surtout si les températures élevées durent et que les pluies estivales restent rares. En 2018, les pluies rares combinées à des températures très élevées avaient entraîné un déficit hydrique en surface qui avait impacté l’agriculture, les réserves de sols et certains petits cours d’eau. Ce type de sécheresse ne remet pas en cause les stocks profonds mais peut fortement affecter l’agriculture, la végétation et les usages locaux de l’eau si les conditions très sèches persistent.

La situation actuelle est donc globalement favorable pour traverser l’été sans stress hydrique profond, grâce notamment à des nappes bien remplies et à un printemps qui ne devrait pas creuser de déficit significatif. Toutefois, si l’été s’installe dans une configuration durablement chaude et sèche, une sécheresse de surface, similaire à celle de 2018, reste possible. Elle se manifesterait par un manque d’eau disponible dans les sols et une pression accrue sur les usages agricoles et domestiques, même si les réserves souterraines restent confortables.

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