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Grand soleil en ce début mars : peut-on vraiment attraper un coup de soleil ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Sous un ciel largement dégagé sur les trois quarts de la France, la douceur et la luminosité donnent un avant-goût de printemps. Pourtant, malgré cette impression d’avril, nous ne sommes qu’au début du mois de mars. Si la sensation thermique peut surprendre, l’intensité du rayonnement ultraviolet reste, elle, encore modérée à cette période de l’année.

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Malgré le plein soleil, l'indice UV reste proche de 2, parfois 3 ou 4 en montagne et en bord de mer © La Chaine Météo

Un indice UV encore faible malgré le grand soleil

En ce début mars, l’indice UV en France ne dépasse généralement pas 3 à 4 au moment où le soleil est le plus haut dans le ciel, vers 13 heures. Le matin, notamment vers 9 heures, l’astre est encore bas sur l’horizon : l’indice UV est alors proche de 0 à 1. Cette relative faiblesse s’explique par la hauteur solaire encore limitée et une traversée plus longue de l’atmosphère par les rayons ultraviolets. À titre de comparaison, autour du 21 juin, au solstice d’été, l’indice UV peut atteindre 8 au nord et jusqu’à 10 ou 11 dans le sud du pays, soit un rayonnement près de trois fois plus intense qu’actuellement.

Pourquoi les UV sont moins forts à midi en mars qu'à midi en juin ?

Autour du solstice d’été, le soleil culmine à près de 65° au-dessus de l’horizon à Paris : ses rayons frappent alors le sol presque perpendiculairement, ce qui maximise l’intensité du rayonnement ultraviolet. En mars, à l’équinoxe, sa hauteur ne dépasse pas environ 42°, ce qui oblige les UV à traverser une épaisseur d’atmosphère plus importante — d’autant que la couche d’ozone est généralement plus dense au printemps qu’en été. Ce filtrage limite l’intensité globale du rayonnement.

Peut-on s’exposer au soleil en mars ?

Oui, il est possible de profiter du soleil en mars, mais avec discernement. Avec un indice UV de 3 ou 4, le risque de coup de soleil existe en cas d’exposition prolongée, notamment pour les peaux claires, les enfants ou en altitude où le rayonnement augmente d’environ 10 % tous les 1 000 mètres. Une protection solaire légère peut être utile si l’on reste longtemps en extérieur, surtout entre midi et 14 heures. Les lunettes de soleil restent recommandées, car la luminosité est forte même si l’intensité UV reste modérée. Attention à la réverbération : la neige en montagne ou la surface de l’eau en bord de mer renvoient une part significative des UV, augmentant le risque de coup de soleil même en début de printemps.

Et si vous voyagez en Europe ?

L'indice UV est plus élevé en descendant vers l'Afrique, mais reste modéré en cette saison © La Chaine Météo

La situation varie fortement selon la latitude. En Europe du Nord (Royaume-Uni, Allemagne, Scandinavie), les indices UV restent comparables à ceux observés en France, souvent faibles à modérés. En revanche, en Méditerranée, en Espagne, en Italie du Sud ou en Grèce, le soleil est déjà plus haut dans le ciel et l’indice UV peut atteindre 4 à 6 par beau temps. Aux Canaries ou à Chypre, il peut même dépasser ces valeurs. Dans ces régions, une protection solaire devient nettement plus importante, surtout lors d’activités prolongées en extérieur.

En résumé, le soleil de mars chauffe déjà, mais il ne présente pas encore la puissance estivale sous nos latitudes. Il convient néanmoins d’adapter sa protection selon la région où l’on se trouve, notamment vers le sud de l’Europe.

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