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Bilan météo de l'hiver 2025-2026 : au 4ᵉ rang des plus doux avec des pluies abondantes à l'ouest et au sud
L’hiver météorologique 2025-2026 (décembre, janvier et février) a été marqué par une douceur remarquable et un temps souvent perturbé. Les pluies ont été copieuses à l'ouest et au sud avec plusieurs coups de vent à tempête, tandis que les épisodes de froid sont restés rares. La Chaîne Météo dresse le bilan de cette saison qui confirme la tendance à des hivers de plus en plus doux.
Un hiver nettement plus doux que la normale
Avec un excédent de température de +1,8°C, notre hiver 2025-2026 arrive en 4ème position des hivers les plus doux depuis 1900. L'indicateur thermique national est de 7,6°C et se positionne derrière les hivers 2019-2020 (8,2°C), 2015-2016 (+8°C) et 2023-2024 (+7,8°C).
Au cours de cet hiver, la seule période de froid durable s'étend de Noël 2025 au 11 janvier 2026 avec des fréquentes gelées. La première décade de janvier 2026 a d'ailleurs été la plus froide en France depuis 2018, sans pour autant parler de vague de froid à l'échelle nationale. C'est dans le nord-est que le froid a été le plus marqué avec 3 à 4 journées sans dégel.
La douceur des températures a été remarquable au cours des 2 premières décades de décembre ainsi qu'en février, où de nombreux records de douceur et de chaleur ont été battus en fin de mois. Le thermomètre a atteint 29°C au pied des Pyrénées le 24 février. Février 2026 arrive d'ailleurs en 2ème position des plus doux depuis 1900, après février 1990. Fait inédit, tous les jours du mois ont connu des températures supérieures à la normale.
Un hiver très pluvieux à l'ouest et au sud avec des crues majeures et inondations
Notre hiver 2025-2026 a été très arrosé en lien avec de fréquentes dépressions positionnées sur le proche Atlantique et la Méditerranée. 40 jours de pluie consécutifs ont été observés sur la France entre le 14 janvier et le 22 février, un phénomène inédit depuis le début des relevés pluviométriques en 1959. Ces précipitations quotidiennes et abondantes sur la partie ouest et sud-ouest du pays ont saturé les sols et provoqué de nombreuses crues et inondations en février. Il s'agit d'ailleurs du mois de février le plus pluvieux depuis 1959. Il est tombé en moyenne 112 mm de pluie sur le pays pour une normale de 52 mm, soit un excédent de +115%.
Les villes de l'ouest et du sud ont été copieusement arrosées avec une pluviométrie largement excédentaire. Après une série d'hivers très secs, la ville de Perpignan bat un record de précipitations avec 563 mm pour une normale de 156 mm. Le nord-est du pays et certaines vallées d'Auvergne ont été beaucoup moins arrosés, avec une pluviométrie restant proche de la normale. Cela s'explique par des conditions anticycloniques fréquentes sur l'Allemagne, influençant le nord-est du pays et la position d'abri des vallées d'Auvergne par rapport au flux de sud-ouest océanique.
Un ensoleillement légèrement déficitaire
Sur l'ensemble de l'hiver, le déficit d'ensoleillement est de l'ordre de -5% sur la France. Alors que la mois de décembre a été plutôt bien ensoleillé (+8%), le début de l'année 2026 a été peu ensoleillé, surtout en février avec un déficit d'ensoleillement de l'ordre de -18% à l'échelle nationale. Ce sont les régions du centre-ouest et du sud qui sont concernées par le déficit d'ensoleillement le plus important en lien avec le temps fréquemment perturbé. Si l'on s'intéresse à la durée d'ensoleillement sur l'ensemble de l'hiver, les villes du sud-est conservent malgré tout une large avance sur les villes du nord et du nord-est, comme l'indiquent l'illustration ci-dessous.
Passage des tempêtes Goretti, Nils et Pedro
3 tempêtes se sont succédé en janvier et février sur la France. La tempête Goretti a touché principalement la Normandie dans la nuit du 8 au 9 janvier, avec des records absolus de vent dans plusieurs stations du Cotentin. La rafale maximale a été enregistrée à Barfleur avec 213 km/h !
La tempête Nils a touché la côte atlantique, le sud-ouest et la Méditerranée le 12 février avec des vents violents atteignant 162 km/h à Biscarrosse et jusqu'à 180 km/h à Caixas en plaine, dans les Pyrénées-Orientales. Dans le sud-ouest, il faut remonter à la tempête Klaus en 2009 pour retrouver des vents aussi violents. Les dégâts ont été importants avec de nombreuses chutes d'arbres en raison des sols détrempés. 850 000 foyers ont été privés d'électricité et deux décès sont à déplorer.
Quelques jours plus tard, la tempête Pedro a touché l'extrême sud de la France, des Pyrénées à la Corse avec des rafales atteignant 128 km/h à Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales et 173 km/h à Cagnano sur le cap Corse.
Au final, l’hiver 2025-2026 confirme l’évolution observée depuis plusieurs décennies : des hivers plus doux, sans véritables vagues de froid. Un point positif : les précipitations abondantes tombant à la bonne saison pour recharger nos nappes phréatiques. Si ces précipitations abondantes n'excluent pas une sécheresse estivale, elles permettront de limiter les restrictions d'eau étant donné la bonne recharge des nappes d'eau souterraines cet hiver.