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El Niño de retour en 2026 : vers un épisode intense en fin d’année ?
Alors que La Niña s’affaiblit progressivement dans le Pacifique équatorial, nous surveillons désormais un possible retour d’El Niño au fil des prochains mois. Si ce réchauffement des eaux de surface venait à se confirmer d’ici l’été puis à s’amplifier en fin d’année 2026, il pourrait non seulement bouleverser les régimes de pluie dans plusieurs régions du monde, mais aussi contribuer à une nouvelle hausse des températures planétaires, dans un contexte de réchauffement climatique déjà très marqué.
Après une faible La Niña en début d’année 2026, les grands centres climatiques internationaux surveillent désormais un probable épisode El Niño au fil des prochains mois dans le Pacifique tropical. Le signal est sérieux, mais il est encore trop tôt pour parler avec certitude d’un « super El Niño » : à ce stade, les organismes spécialisés évoquent surtout ce retour d’El Niño à partir de l’été, avec une intensité encore très incertaine mais qui pourrait monter en puissance d'ici à la fin de l'année.
La Niña s’affaiblit, le Pacifique revient vers un état "neutre"
El Niño correspond à un réchauffement durable des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental, accompagné de changements dans les vents, la convection tropicale (les orages) et les régimes de pluie à l’échelle planétaire. Début mars 2026, nous étions encore dans une faible La Niña, mais en nette perte de vitesse, tandis que les eaux plus chaudes en surface progressent sous le Pacifique équatorial, signe classique d’une transition en cours. La NOAA prévoit un retour à des conditions ENSO neutres dès ce printemps.
Un retour d’El Niño devient crédible à partir de l’été
Les principaux centres de prévision convergent vers une montée graduelle du risque El Niño à partir de la fin du printemps et surtout de l’été 2026. La NOAA estime qu’El Niño a 62 % de chances d’émerger sur la période juin-août et de persister jusqu’à la fin de l’année, tandis que l’IRI de Columbia en fait aussi le scénario le plus probable à partir de mai-juillet, avec des probabilités de l’ordre de 58 à 61 %. En revanche, parler déjà d’un « super El Niño » serait excessif : NOAA n’évoque pour l’instant qu’une chance sur trois de voir un épisode fort à l’automne-hiver 2026, et la prévisibilité reste limitée, le printemps étant source de grande incertitude climatique. Le pic éventuel, s’il se confirme, interviendrait plutôt en fin d’année 2026 ou durant l’hiver 2026-2027.
Des conséquences mondiales potentiellement majeures en 2026-2027
Si El Niño s’installe puis se renforce, il pourrait contribuer à une nouvelle hausse de la température moyenne mondiale, comme l’a rappelé l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) dans un communiqué. Les conséquences classiques seraient à surveiller à l’échelle planétaire : pluies plus abondantes et risques d’inondation sur la façade pacifique de l’Amérique du Sud et dans certaines parties du sud des États-Unis, mais aussi sécheresses accrues en Australie, en Indonésie, dans certaines régions d’Asie du Sud-Est et parfois en Inde selon la saison. Pour 2027, un nouveau record de chaleur planétaire ne peut pas être exclu si un El Niño marqué venait à se combiner au réchauffement climatique de fond, mais ce serait encore prématuré de l’affirmer aujourd’hui. Selon les prévisions actualisées de mars 2026 (Met Office, Berkeley Earth/Zeke Hausfather, NASA/GISS-James Hansen, NOAA et WMO), les températures mondiales devraient rester stables ou légèrement augmenter en 2026 par rapport à 2025, tandis que 2027 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée (~1,57 °C, voire jusqu’à 1,7 °C selon Hansen) à cause de l’effet retardé d’El Niño.
Sources principales :
Met Office (déc. 2025/mars 2026)
Zeke Hausfather (Berkeley Earth / The Climate Brink, mars 2026)
James Hansen (NASA GISS, mises à jour 2025-2026)
Copernicus, NOAA, WMO (rapports 2025-2026)
NOAA (16 mars 2026)