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Après un mois d’avril très sec, ce début mai est très arrosé : va-t-on vers un changement durable ?

Par Cyrille Duchesne, météorologue
mis à jour le

Le contraste est spectaculaire. Après un mois d’avril 2026 marqué par déficit pluviométrique exceptionnel sur la France, ce début du mois de mai voit le retour de pluies fréquentes et abondantes dans plusieurs régions. Une évolution météo qui permet de voir nettement reculer la sécheresse de surface, même si les disparités restent importantes.

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>Un début mai 2026 très arrosé © Meteo Consult / La Chaine Météo

Un mois d’avril exceptionnellement sec en France

Le mois d’avril 2026 restera comme l’un des plus secs observés ces dernières années en France. Sous l’influence répétée des hautes pressions, les perturbations atlantiques n'ont pas pu traverser la France et de nombreuses régions se sont retrouvées quasiment sans pluie pendant plusieurs semaines.

Les déficits ont été particulièrement marqués du Bassin parisien au nord-est, mais aussi sur le pourtour méditerranéen. À Nice, il n’est tombé que 0,8 mm de pluie pour une normale proche de 69 mm. Même constat à Paris avec seulement 6,4 mm pour une normale de 46 mm habituellement.

Cette sécheresse précoce s’est rapidement traduite par un assèchement des sols superficiels et une hausse du risque de départs de feu dans certaines zones sensibles.

Retour en force des pluies pour ce début de mois de mai

Depuis le 1er mai, le contexte météo a totalement changé. Les hautes pressions se sont retirées vers l’Atlantique et les dépressions circulent désormais facilement sur la France, apportant de fréquentes précipitations, parfois orageuses.

Les cumuls deviennent localement remarquables en seulement quelques jours. Entre le 1er et le 6 mai, on relève déjà plus de 100 mm de pluie dans certaines régions du centre-ouest et du sud-est. Blois atteint par exemple 126 mm ce qui correspond à l'équivalent de 2 mois de pluie. Quel contraste avec le mois d'avril où il n'était tombé que 3,8 mm sur cette ville. Dans le sud-est, on a relevé 106 mm à Montpellier et 94 mm à Nîmes, ce qui correspond aussi à près de deux mois de pluie en moins d’une semaine.

Sur la carte des cumuls observés, les pluies les plus abondantes concernent un axe allant du Bassin rennais au Centre-Val de Loire et une zone allant du sud du Massif central jusqu’au Languedoc. Certaines zones du Gard, de l’Hérault ou de l’Ardèche dépassent localement 120 à 140 mm, le double d'une pluviométrie mensuelle habituelle.

Un début mai 2026 très arrosé © Meteo Consult / La Chaine Météo

Des pluies bénéfiques mais encore inégales

Ces précipitations constituent une excellente nouvelle pour les sols et la végétation après plusieurs semaines très sèches. Les nappes superficielles, les cours d’eau secondaires et les cultures profitent déjà de cette humidité retrouvée.

Cependant, l’amélioration reste très hétérogène. Les régions du nord-est ont reçu beaucoup moins d’eau avec parfois moins de 10 mm dans les Flandres, en Alsace ou en Lorraine depuis le début du mois. Le déficit hydrique y demeure important.

Par ailleurs, lorsque les pluies tombent sous forme d’orages intenses, une partie de l’eau ruisselle rapidement sans forcément pénétrer profondément dans les sols. Il faudra donc encore plusieurs épisodes pluvieux réguliers pour espérer une réelle atténuation durable de la sécheresse de surface.

Une météo durablement instable dans les prochains jours

Si une accalmie se produit pendant 2-3 jours, la situation météorologique redeviendra perturbée à partir de dimanche ainsi qu'une grande partie de la semaine prochaine. De nouvelles dépressions devraient circuler entre l’Atlantique, la péninsule Ibérique et la France, maintenant un contexte humide et instable avec averses et orages.

Cette configuration plus humide pourrait donc progressivement rééquilibrer la situation hydrique sur une grande partie du pays. Mais sur certaines régions à l'écart des pluies conséquentes de ces dernièers jours, i faudra du temps pour combler totalement le retard accumulé.

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