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Vague de chaleur historique en France : une fin mai 2026 hors normes, les 40°C frôlés dans le sud
Du 21 au 30 mai, la France vient de connaître l'une des vagues de chaleur les plus remarquables jamais observées pour un mois de mai. Par sa précocité, son intensité et sa durée, cet épisode s'inscrit dans l'histoire météorologique du pays. Des centaines de records de chaleur ont été battus (plus de 1400), notamment dans l'ouest où la situation a pris un caractère exceptionnel.
Un puissant dôme de chaleur à l'origine de l'épisode
À partir du 21 mai, un vaste anticyclone s'est installé entre le Maroc, la péninsule Ibérique, la France et les îles Britanniques. Ce système de hautes pressions particulièrement puissant en altitude a formé ce que les météorologues appellent un « dôme de chaleur ». Cette configuration a emprisonné l'air chaud près du sol pendant près de dix jours, empêchant toute véritable intrusion d'air plus frais. Jour après jour, les températures ont continué de grimper sous un soleil omniprésent.
Des records de chaleur pulvérisés
La chaleur s'est d'abord installée sur le sud-ouest dès le 21 mai avant de gagner progressivement l'ensemble du pays au fil des jours. Les records de température sont tombés par centaines. Le point culminant de cet épisode a été atteint avec 39°C à Fitou, dans l'Aude. Cette valeur constitue un nouveau record national de chaleur pour un mois de mai en France. Il s'agit de valeurs du réseau de données météo secondaires. Le record pour une station Météo France est de 37,8°C à Angoulême le 28 mai 2026.
Toute l'Europe occidentale touchée
La France n'a pas été la seule concernée. De l'Espagne aux îles Britanniques, une grande partie de l'Europe de l'Ouest a subi cette vague de chaleur exceptionnelle. Au Portugal, la température a atteint 40,3°C à Mora le 27 mai, établissant un nouveau record national mensuel. À Londres, le mercure est monté jusqu'à 35,1°C établissant un record de chaleur pour mai dans la capitale britannique.
Jusqu'à 15°C au-dessus des normales de saison
Les températures ont souvent dépassé de 10 à 15°C les moyennes habituellement observées à cette période de l'année. L'ouest de la France a été particulièrement touché. Paris a enregistré huit journées consécutives à plus de 32°C, une série qu'il faut remonter jusqu'à août 2003 pour retrouver. Brest a connu quatre journées au-dessus de 30°C tandis que Rennes en a enregistré six. À Cherbourg, la température a atteint 31,9°C, pulvérisant l'ancien record mensuel de mai qui était de 28,6°C. Plus remarquable encore, des villes comme La Roche-sur-Yon, Saumur ou Niort ont connu cinq jours consécutifs à plus de 35°C, une situation totalement exceptionnelle, inédite et surréaliste pour une fin de printemps.
Des nuits tropicales inédites
Ces records ont concerné aussi bien les températures maximales que minimales, preuve du caractère exceptionnel de la masse d'air chaude qui a recouvert le pays pendant plusieurs jours. Les nuits ont parfois été aussi remarquables que les journées. Au Havre, quatre nuits tropicales consécutives ont été observées avec des températures ne descendant pas sous les 20°C. Là encore, il faut remonter à la canicule d'août 2003 pour retrouver une telle série. À Paris, la nuit du 29 au 30 mai est devenue la plus douce jamais observée en mai avec une température minimale de 21,7°C. Au cap Béar, dans les Pyrénées-Orientales, le thermomètre n'est pas descendu sous les 26,2°C dans la nuit du 27 au 28 mai, une valeur exceptionnelle à l'échelle nationale.
Un record national de douceur pulvérisé
L'indicateur thermique national, qui représente la moyenne des températures observées sur l'ensemble du territoire, a lui aussi atteint un niveau jamais vu pour un mois de mai. Le 26 mai, il a culminé à 24,8°C, effaçant de près de 2°C l'ancien record de 22,9°C établi le 28 mai 2017. Une marge aussi importante illustre parfaitement le caractère hors normes de cet épisode.
Une mer aussi chaude qu’en plein été sur les plages de l'Atlantique
Sous l’effet de la chaleur exceptionnelle et d’un temps calme installé depuis plusieurs jours, la température de l’eau de mer atteint des niveaux remarquables pour une fin mai. Elle dépasse localement les normales de saison de plus de 5°C. Des valeurs dignes du cœur de l’été ont ainsi été observées, avec 22°C à Camaret-sur-Mer dans le Finistère et jusqu’à 23°C sur la plage de La Baule au moment de la marée montante.
Un début d'année déjà record
Cette vague de chaleur s'inscrit dans un contexte plus large. Depuis le 1er janvier, la France connaît son début d'année le plus chaud jamais observé depuis le début des mesures nationales en 1873. La succession de mois exceptionnellement doux a largement favorisé l'intensité de cet épisode de fin mai. Ainsi, ce printemps 2026 est le plus chaud observé depuis 1930.
Et maintenant, vers un été très chaud ?
Après une baisse sensible des températures attendue au début du mois de juin, la chaleur pourrait rapidement revenir. Les tendances à quatre semaines comme les projections saisonnières, continuent d'indiquer des températures globalement supérieures aux normales sur la France et une grande partie de l'Europe occidentale.
Des périodes plus fraîches resteront possibles, mais elles pourraient n'être que temporaires. La semaine prochaine apportera ainsi un répit bienvenu, avec un retour à des températures proches des normales de saison, avant une possible nouvelle hausse du thermomètre au cours du mois de juin.