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Pourquoi la canicule qui nous attend sera historique ?

Par Cyril Wuest, météorologue
mis à jour le

La France s'apprête à vivre un épisode de chaleur exceptionnel pour une deuxième quinzaine de juin. Intensité, précocité, durée, records potentiels : plusieurs indicateurs laissent penser que cette canicule pourrait marquer durablement les statistiques climatologiques françaises.

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Canicule : pré-alerte © LCM

Une deuxième vague de chaleur exceptionnelle avant même l'été

C'est sans doute l'élément le plus remarquable. Moins de trois semaines après la vague de chaleur historique de fin mai, un nouvel épisode très chaud s'apprête à toucher la France.

Voir deux épisodes majeurs se succéder avant même le début officiel de l'été météorologique constitue déjà un événement rare. Cette répétition rapide témoigne d'une atmosphère particulièrement favorable aux remontées d'air chaud sur l'Europe occidentale depuis plusieurs semaines.

Un pic attendu pour le jour le plus long de l'année

Le maximum de chaleur est attendu entre dimanche 21 et lundi 22 juin, au moment même du solstice d'été.

Cette coïncidence est loin d'être anodine. À cette période de l'année, l'ensoleillement est maximal et les journées dépassent 16 heures entre le nord et le sud du pays. L'énergie solaire reçue au sol atteint alors son niveau le plus élevé de l'année.

Anomalie des T° maximales ce week-end © La Chaine Météo / Météo Consult

Dans ce contexte, la masse d'air exceptionnellement chaude pourra pleinement exprimer son potentiel, notamment sur des sols déjà fortement asséchés par plusieurs semaines déficitaires en pluie.

Une masse d'air digne des épisodes les plus extrêmes

Les modèles prévoient des températures exceptionnellement élevées en altitude avec localement plus de 27°C vers 1500 mètres d'altitude (contre une moyenne de 11 à 13°C !).

De telles valeurs figurent parmi les plus fortes observées sur la France en juin. Elles témoignent de l'arrivée directe d'une masse d'air saharienne remontant du Maghreb vers l'Europe occidentale sous l'effet d'un puissant flux de sud à sud-ouest.

Masse d'air torride © LCM

Cette configuration est capable de produire des températures dépassant localement 40°C dans le sud-ouest, le centre et l'est du pays.

Un indicateur thermique national proche des sommets historiques

L'indicateur thermique national, qui représente la moyenne des températures observées sur l'ensemble du territoire, pourrait approcher voire dépasser 28,8°C.

À ce niveau, nous entrerions dans des valeurs exceptionnellement élevées pour un mois de juin. Cet indicateur permet de mesurer non seulement l'intensité mais aussi l'étendue géographique de la chaleur.

L'indicateur thermique prévisionnel reste de toute façon très élevé jusqu'à la fin du mois © La Chaine Météo

Contrairement à certains épisodes passés très localisés, la chaleur concernera cette fois une très grande partie du territoire, y compris les régions du nord-est habituellement moins exposées aux très fortes températures.

Des records mensuels menacés dans plusieurs régions

De nombreux records mensuels pourraient être approchés ou battus.

À Paris, où le record de juin est de 37,6°C, les projections les plus chaudes envisagent des valeurs proches de ce seuil. Des records sont également sous surveillance dans l'ouest, le centre et l'est du pays.

Records potentiels ? © LCM

Le risque est particulièrement marqué dans les régions qui avaient été relativement épargnées lors de la vague de chaleur de fin mai, notamment dans l'est.

Une chaleur plus difficile à supporter qu'en mai

Cette nouvelle vague de chaleur pourrait être plus éprouvante pour les organismes.

Les nuits s'annoncent plus chaudes avec un risque de nuits tropicales généralisées dans les grandes villes. Certaines agglomérations pourraient même ne pas descendre sous les 25°C lors des nuits de dimanche à lundi.

Autre élément aggravant : les concentrations de pollens de graminées restent très élevées sur de nombreuses régions, tandis que les sols secs favorisent une hausse rapide des températures en journée.

Le signal d'un climat qui change rapidement

Au-delà des records éventuels, c'est surtout l'accumulation d'événements exceptionnels qui interpelle.

Après un printemps déjà parmi les plus chauds observés en France, deux épisodes majeurs de chaleur en moins d'un mois deviennent difficiles à considérer comme de simples anomalies météorologiques.

La précocité de ces épisodes, leur intensité croissante et leur fréquence illustrent l'évolution rapide du climat européen. Si les records définitifs restent encore à confirmer, tous les indicateurs convergent vers un épisode qui pourrait devenir une référence climatologique pour les mois de juin en France.

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