Actualités Météo

Canicule : le risque d'incendie au maximum cette semaine

Par Cyril Wuest, météorologue
mis à jour le

Alors que la canicule historique atteint son paroxysme, le risque d'incendie grimpe à des niveaux très élevés sur une grande partie du pays. Chaleur extrême, végétation desséchée et vent sec se combinent pour créer des conditions particulièrement favorables aux départs de feu.

Consulter la météo de votre ville
Feu et canadaire © Adobe Stock

Une végétation mise à rude épreuve par la canicule

Après plusieurs jours déjà marqués par des températures exceptionnellement élevées et un déficit de précipitations dans de nombreuses régions, la végétation aborde cette nouvelle vague de chaleur dans un état de stress important.

Les températures dépassent désormais largement les 35°C sur la plupart des régions, avec des pointes supérieures à 40°C. Cette chaleur intense accélère l'évaporation de l'eau contenue dans les sols et les végétaux. Herbes, broussailles et sous-bois perdent rapidement leur humidité et deviennent beaucoup plus inflammables.

Températures maximales mercredi © LCM

À cette période de l'année, la situation est d'autant plus préoccupante que la végétation est abondante après le printemps. Une fois desséchée, elle constitue un combustible particulièrement efficace.

Pourquoi parle-t-on de la règle des « trois 30 » ?

Les pompiers utilisent souvent la règle dite des « trois 30 » pour identifier les situations les plus propices aux feux.

Trois paramètres doivent être réunis simultanément :

- des températures supérieures à 30°C ;
- une humidité relative de l'air inférieure à 30 % ;
- un vent supérieur à 30 km/h.

Règle des 3 trente © LCM

Lorsque ces trois seuils sont atteints ou dépassés, la végétation s'assèche très rapidement et le moindre départ de feu peut prendre de l'ampleur.

Cette semaine, de nombreuses régions françaises se rapprochent précisément de cette configuration.

L'effet « sèche-cheveux » du vent d'est

Un autre phénomène renforce le risque d'incendie : le vent d'est continental qui souffle sur une partie du pays.

Contrairement aux vents marins chargés d'humidité, ce flux continental transporte un air particulièrement sec. En traversant des sols déjà chauffés à blanc par la canicule, il accentue encore davantage l'évaporation.

Vent attendu ce mercredi © LCM

On parle parfois d'un effet « sèche-cheveux » sur la végétation. Les plantes perdent leur eau plus rapidement, les herbes jaunissent et les combustibles fins deviennent extrêmement réactifs au moindre départ de feu.

Même avec des rafales modérées, ce vent sec suffit à accroître fortement le danger.

Un risque très élevé sur une grande partie du pays

Les indicateurs de danger d'incendie atteignent actuellement des niveaux élevés à très élevés sur une large moitié sud mais également sur de nombreuses régions de l'ouest et du centre du pays.

Les secteurs méditerranéens restent particulièrement exposés, mais la situation mérite également une surveillance attentive dans le sud-ouest, le Centre-Val de Loire, les Pays de la Loire ou encore certaines régions du bassin parisien où la végétation souffre déjà fortement de la chaleur.

La poursuite de la canicule jusqu'en fin de semaine entretient ce risque élevé.

Risque d'incendie pour ce mercredi © LCM

La plus grande prudence reste indispensable

Dans ce type de configuration météorologique, la majorité des départs de feu restent liés aux activités humaines : mégots jetés par la fenêtre, travaux produisant des étincelles, barbecue mal maîtrisé ou stationnement d'un véhicule dans une herbe sèche.

Avec des températures souvent comprises entre 38 et 43°C et une végétation extrêmement vulnérable, un simple départ de feu peut rapidement devenir difficile à maîtriser.

Cette canicule historique ne représente donc pas seulement un risque pour la santé. Elle constitue également un facteur aggravant majeur pour les incendies de végétation, dont le danger restera particulièrement élevé au cours des prochains jours.

Partager

À lire aussi

Articles les plus lus