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Canicule : pourquoi les fortes chaleurs peuvent faire saigner du nez ?
Alors que la France traverse une canicule historique, avec des températures souvent proches de 38 à 41°C et des nuits tropicales qui empêchent les organismes de récupérer, de nombreux enfants saignent plus souvent du nez. En cause : la chaleur intense, l’air sec et la climatisation, qui fragilisent les petits vaisseaux de la muqueuse nasale.
La canicule qui touche la France met les organismes à rude épreuve. Les températures atteignent des niveaux exceptionnels en journée, tandis que les nuits restent parfois très chaudes, surtout en ville, empêchant le corps et les logements de se rafraîchir correctement. Dans ce contexte, on pense spontanément à la déshydratation, aux coups de chaleur, à la fatigue ou aux malaises. Mais un autre symptôme peut surprendre : le saignement de nez.
Impressionnant, parfois inquiétant lorsqu’il survient brutalement, le saignement de nez, aussi appelé épistaxis, est le plus souvent bénin. Il peut toutefois être favorisé par la chaleur, l’air sec, la climatisation ou encore les efforts physiques réalisés en pleine journée. En période de fortes chaleurs, le nez devient ainsi une zone particulièrement sensible.
Pourquoi le nez est-il si sensible à la chaleur ?
Pour comprendre, il faut regarder l’intérieur du nez. La muqueuse nasale est parcourue par de nombreux petits vaisseaux sanguins. Ils jouent un rôle essentiel : réchauffer, humidifier et filtrer l’air que nous respirons. À l’avant du nez, sur la cloison nasale, se trouve une zone très riche en petits vaisseaux, particulièrement fragile.
Lorsque l’air devient chaud et sec, cette muqueuse perd de son humidité. Elle peut se dessécher, s’irriter, former de petites croûtes et devenir plus vulnérable. Il suffit alors d’un mouchage un peu trop énergique, d’un éternuement, d’un frottement ou d’un grattage pour provoquer la rupture d’un petit vaisseau.
Comment la canicule peut-elle favoriser un saignement de nez ?
La chaleur n’est pas toujours la cause directe du saignement, mais elle crée un terrain favorable.
Lorsqu’il fait très chaud, l’organisme cherche à évacuer l’excès de chaleur. Pour cela, les vaisseaux sanguins situés près de la peau et des muqueuses se dilatent : c’est la vasodilatation. Le sang circule davantage en périphérie afin d’aider le corps à se refroidir.
Dans le nez, cette dilatation peut rendre les petits vaisseaux plus tendus et plus fragiles. Si la muqueuse est en plus asséchée par l’air chaud ou par une climatisation trop forte, le risque de saignement augmente. C’est souvent cette combinaison chaleur, sécheresse et fragilité locale qui explique les saignements de nez observés pendant les périodes de canicule.
Les enfants sont-ils les seuls concernés par les saignements de nez ?
On associe souvent les saignements de nez aux enfants, car ils ont des muqueuses sensibles et se grattent plus facilement le nez, notamment lorsque l’air est sec. Mais les adultes sont eux aussi concernés.
Chez l’adulte, le risque augmente surtout avec l’effort sous la chaleur, la fatigue, la déshydratation, une tension élevée ou certains traitements qui fluidifient le sang. Ces médicaments ne provoquent pas forcément le saignement, mais ils peuvent le rendre plus abondant ou plus long à s’arrêter.
La climatisation peut-elle aggraver les saignements de nez ?
En période de canicule, la climatisation apporte un soulagement précieux, mais elle peut aussi assécher l’air intérieur. Or un air trop sec fragilise la muqueuse nasale. Passer d’un extérieur très chaud à un intérieur très frais et sec peut accentuer l’irritation du nez, surtout chez les personnes sensibles.
Il ne s’agit pas d’éviter la climatisation lorsqu’elle est nécessaire, notamment pour protéger les personnes fragiles, mais de l’utiliser avec mesure. Une température intérieure trop basse, un flux d’air dirigé vers le visage ou une atmosphère très sèche peuvent favoriser les irritations nasales.
Quels sont les bons gestes en cas de saignement de nez ?
Le premier réflexe est de rester calme. Le stress peut augmenter la tension et entretenir le saignement. Il faut s’asseoir, garder la tête droite et la pencher légèrement vers l’avant. Il faut ensuite pincer fermement la partie souple du nez, juste sous l’os, avec le pouce et l’index. La compression doit être maintenue sans relâcher pendant 10 minutes. C’est souvent le geste le plus efficace, à condition de ne pas vérifier toutes les trente secondes si le saignement s’est arrêté.
Si de gros caillots gênent la compression, on peut se moucher une seule fois, très doucement, avant de pincer le nez. L’application d’un linge frais ou d’une poche froide enveloppée sur la racine du nez peut aussi aider, car le froid favorise le resserrement des vaisseaux.
Faut-il pencher la tête en arrière quand on saigne du nez ?
Non, c’est l’erreur la plus fréquente. Pencher la tête en arrière ne stoppe pas le saignement : cela le masque en faisant couler le sang vers la gorge. Ce geste peut provoquer des nausées, des vomissements ou une sensation d’étouffement.
Il faut au contraire pencher légèrement la tête vers l’avant, rester assis et comprimer les narines pendant 10 minutes comme expliqué plus haut. Il faut aussi éviter de s’allonger, de se moucher fortement, ou de reprendre un effort physique juste après l’épisode. Après un saignement, mieux vaut rester au calme, éviter les boissons très chaudes, les efforts intenses et les mouchages vigoureux pendant plusieurs heures. La muqueuse a besoin de temps pour cicatriser.
Comment éviter les saignements de nez pendant les fortes chaleurs ?
La prévention repose d’abord sur une bonne hydratation. Boire régulièrement aide l’organisme à mieux supporter la chaleur et contribue aussi à préserver l’humidité des muqueuses. Il est également utile de rincer le nez avec du sérum physiologique ou un spray d’eau de mer en cas de sécheresse nasale.
Dans les logements climatisés, il faut éviter les flux d’air directement dirigés vers le visage et rechercher un air pas trop sec. Chez les personnes sujettes aux saignements, une pommade nasale hydratante peut être conseillée en pharmacie, en particulier si des croûtes se forment régulièrement.
Enfin, il est préférable d’éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes. La chaleur, l’effort et la déshydratation constituent un trio défavorable pour l’organisme, notamment chez les personnes sensibles.
Quand faut-il consulter un médecin pour un saignement de nez ?
Un saignement de nez isolé, peu abondant, qui s’arrête rapidement avec une compression correcte, est généralement sans gravité. En revanche, il faut demander un avis médical si le saignement persiste malgré 20 minutes de compression, s’il est très abondant, s’il coule dans la gorge, s’il survient après un choc ou s’il s’accompagne d’un malaise, d’une pâleur, d’une grande faiblesse ou de difficultés à respirer. Une consultation est également recommandée si les saignements se répètent, si la personne prend un traitement fluidifiant le sang ou si elle souffre d’hypertension artérielle mal contrôlée.
La canicule ne fait donc pas « saigner » tout le monde, mais elle fragilise l’équilibre du corps. En asséchant les muqueuses, en dilatant les petits vaisseaux et en accentuant la fatigue, elle peut transformer une petite fragilité nasale en saignement impressionnant. Dans la plupart des cas, les bons gestes suffisent à l’arrêter, mais les signaux d’alerte ne doivent jamais être négligés.