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Pollens et allergies : un risque encore élevé avec la canicule, malgré une végétation sous stress

Par Cyril Wuest, météorologue
mis à jour le

Le risque allergique reste élevé sur une grande partie de la France. La chaleur, l’absence de pluie et l’air sec favorisent encore la présence des pollens dans l’atmosphère. Mais la sécheresse durable commence aussi à affaiblir la végétation, notamment les graminées, dont la production pollinique pourrait progressivement diminuer dans les zones les plus touchées.

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Des niveaux de risque élevés sur la quasi-totalité du territoire

La situation reste sensible avec un indice maximal de 4 sur 5 dans la plupart des régions françaises. Seules la Corse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent un niveau plus modéré, autour de 3, grâce notamment à l’influence maritime et à des conditions localement un peu moins favorables à l’accumulation des pollens.

Ailleurs, de la Bretagne au Grand Est, en passant par le bassin parisien, l’ouest et le centre du pays, l’exposition reste importante pour les personnes allergiques. L’absence de pluie empêche le lessivage de l’air, ce qui maintient les grains de pollen en suspension plus longtemps.

Chêne, graminées et urticacées restent les principaux pollens à surveiller

Le paysage pollinique reste dominé par trois grandes familles. Le chêne conserve des niveaux élevés, voire très élevés, sur une large partie de l’ouest, du centre et du nord du pays. Les graminées restent également bien présentes, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine et dans l’ouest, même si leur saison pourrait commencer à s’essouffler dans les secteurs les plus secs.

Les urticacées complètent ce tableau avec des concentrations encore élevées sur une grande partie du territoire. Dans les Hauts-de-France, l’armoise se distingue aussi localement, annonçant l’arrivée progressive de pollens plus estivaux.

Canicule et sécheresse : un effet contrasté sur les pollens

La chaleur intense et l’air sec favorisent encore la dispersion des pollens, surtout en l’absence de pluie. Les grains restent plus facilement en suspension dans l’atmosphère, ce qui peut accentuer les symptômes chez les personnes sensibles. La pollution à l’ozone, fréquente en période de canicule, peut aussi irriter les voies respiratoires et renforcer l’inconfort.

Mais l’effet de la sécheresse n’est pas uniquement aggravant. Lorsque les sols s’assèchent fortement et que les prairies jaunissent, les graminées terminent plus vite leur cycle de floraison. Après un pic souvent observé en juin, leur production pollinique peut donc baisser plus rapidement en juillet dans les régions où la végétation est durablement stressée.

Mesures de protection face à la chaleur et aux pollens

Gardez les fenêtres fermées aux heures les plus chaudes et aérez plutôt tôt le matin ou tard le soir, lorsque les concentrations sont souvent moins élevées.

Évitez les efforts sportifs en extérieur en pleine journée, car l’augmentation du rythme respiratoire favorise l’inhalation des pollens et accentue les effets de la chaleur.

Rincez vos cheveux le soir et changez de vêtements après une sortie prolongée afin de limiter les pollens ramenés à l’intérieur.

Portez des lunettes de soleil à l’extérieur pour réduire l’irritation des yeux.

En cas de symptômes importants ou persistants, demandez conseil à un professionnel de santé pour adapter votre traitement.

Un risque encore élevé, mais une évolution à surveiller

Dans les prochains jours, la chaleur et la sécheresse devraient maintenir un risque allergique élevé sur une grande partie du pays, faute de pluie suffisante pour nettoyer l’atmosphère. Les personnes sensibles devront donc rester vigilantes, notamment lors des sorties en journée.

Toutefois, si la sécheresse continue de s’aggraver, le risque lié aux graminées pourrait progressivement diminuer dans les zones où les prairies et les herbes sont déjà très desséchées. Le risque allergique ne disparaîtra pas pour autant : d’autres pollens, comme les urticacées ou l’armoise, pourront localement prendre le relais au fil de l’été.

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