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Pourquoi la vague de chaleur de cette semaine est très différente des précédentes ?

Par Cyrille Duchesne, météorologue
mis à jour le

Cette 3ème vague de chaleur de l'été s'annonce bien différente des précédentes à la fois en terme d'étendue géographique, d'intensité et de durabilité.

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Evolution des températures depuis le début de l'été © Meteo Consult / La Chaine Météo

Une vague de chaleur évolutive et sans dôme de chaleur sur la France

Les vagues de chaleur de fin juin et de début juillet ont été étendues et durables en raison de l'installation d'un vaste dôme de chaleur sur la France et l'Europe de l'Ouest. La situation est restée figée pendant plusieurs jours avec une chaleur qui s'est emmagasinée progressivement sous l'anticyclone de blocage. Pour cette vague de chaleur, la configuration météo est différente, la France se situe en marge d'un dôme de chaleur qui va s'installer sur l'Europe centrale. A l'avant d'une dépression sur l'Atlantique, une brusque remontée d'air subtropical remonte sur la France entre mardi et mercredi. Dès jeudi, de l'air moins chaud d'origine océanique revient par l'ouest et le nord-ouest tandis que les fortes chaleurs persistent plus longuement sur le flanc est du pays jeudi et vendredi. Il s'agit donc d'un pic de forte chaleur plutôt que d'une canicule sur une grande moitié nord-ouest du pays. Seules les régions les plus à l'est sont concernées plus longuement par les très fortes chaleurs, d'où notre alerte canicule de niveau orange entre l'Alsace, la Bourgogne-Franche-Comté et la région Rhône-Alpes.

Evolution des températures maximales de mercredi à vendredi © Meteo Consult / La Chaine Météo

Une vague de chaleur moins intense que les deux précédentes

L'indicateur thermique national permet d'avoir une bonne idée de l'intensité des vagues de chaleur puisqu'il correspond à la moyenne des températures minimales et maximales sur 30 villes de référence. L’intensité de la vague de chaleur de fin juin 2026 a atteint un niveau record, avec un indicateur thermique national atteignant pour la 1ère fois la barre des 30°C le 24 juin. Les journées des 23 et 24 juin ont d'ailleurs été les 2 journées les plus chaudes jamais observées en France depuis 1945. La seconde vague de chaleur du 4 au 19 juillet a été particulièrement longue et éprouvante avec un indicateur thermique durablement élevé et un maximum de 28,1°C le 12 juillet.

Cette semaine, la chaleur culmine mercredi à l'échelle de la France avec un indicateur thermique national de 27,4°C qui reste donc inférieur aux 2 pics des vagues de chaleur de fin juin et début juillet. Il n'en reste pas moins que la chaleur sera très intense ce mercredi dans le sud-ouest avec des pics à 41-42°C. Jeudi, c'est dans l'est que les températures seront les plus élevées avec des pointes à 40°C possibles entre l'Alsace, la plaine de la Saône et la vallée du Rhône.

Des nuits moins durablement suffocantes que pour les deux premières canicules

Avec le coup de chaud qui se décale assez rapidement vers l'est, les nuits ne seront pas durablement éprouvantes. Les régions d'une large moitié nord-ouest ne devraient subir qu'une nuit ou deux nuits difficiles avec des températures proches ou supérieures à 20°C. Les grandes agglomérations du centre-est et du sud-est telles que Lyon, Grenoble, Montélimar, Marseille ou Nice connaitront plusieurs nuits tropicales d'affilée. Il sera difficile d'aérer les habitations et les organismes seront soumises à rude épreuve en l'absence de climatisation.

Evolution des températures en fin de semaine © Meteo Consult / La Chaine Météo

Une vague de chaleur marquée par plusieurs rebonds

Autre différence majeure : cet épisode connaîtra plusieurs pics de chaleur. Après le pic de mercredi et jeudi, une légère baisse interviendra vendredi et samedi, avant une nouvelle flambée des températures entre dimanche et lundi.

Températures maximales prévues ce week-end © Meteo Consult / La Chaine Météo

Dès dimanche, les 35 à 40 °C pourraient de nouveau concerner une grande partie du territoire, à l’exception des régions proches de la Manche. Le sud, le centre et l’est resteraient alors les plus exposés aux très fortes chaleurs.

L’indicateur thermique national illustre cette évolution en dents de scie, avec un premier sommet en milieu de semaine, un repli provisoire, puis une nouvelle hausse au début du mois d’août.

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