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El Niño se renforce : sécheresse et état d’urgence en Amérique centrale

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

El Niño continue de se renforcer rapidement dans le Pacifique équatorial et ses conséquences deviennent de plus en plus visibles. En Amérique centrale, le manque de pluie devient préoccupant : après le Salvador et le Honduras, le Panama vient à son tour de déclarer l’état d’urgence face à une sécheresse sévère.

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La signature d'El NIno avec les eaux chaudes dans l'océan Pacifique © Union européenne, données du service Copernicus Marine

Vers un El Niño exceptionnellement puissant

Les dernières données confirment la montée en puissance rapide du phénomène. Selon la NOAA, El Niño devrait continuer à se renforcer jusqu’à la fin de l’année et a désormais plus de 90 % de probabilité d’atteindre un niveau « très fort » durant l’automne et l’hiver 2026-2027. La dernière actualisation estime même à 81 % la probabilité d’un El Niño très fort entre octobre et décembre. Certains modèles envisagent des anomalies de température de l’océan Pacifique équatorial dépassant +3°C en fin d’année, ce qui placerait cet épisode parmi les plus puissants observés.

Une sécheresse sévère du Salvador au Panama

Les conséquences sont déjà très concrètes en Amérique centrale. Au Salvador, le manque de pluie en pleine saison humide affecte fortement les cultures et a conduit les autorités à déclencher une alerte rouge, tandis que le Honduras a également pris des mesures d’urgence. Au Panama, les précipitations enregistrées depuis mai sur le bassin alimentant le canal sont 34 % inférieures à la normale, tandis que les apports en eau dans les réservoirs accusent un déficit de 44 %.

Cette sécheresse commence même à affecter le commerce mondial. Le canal de Panama fonctionne grâce aux eaux douces des lacs Gatún et Alajuela : chaque passage de navire nécessite d’importantes quantités d’eau pour actionner les écluses. Face à la baisse des réserves, le nombre de passages sera limité à 34 navires par jour à partir du 4 septembre, puis 32 à partir du 15 septembre, contre environ 35 actuellement et une capacité proche de 40.

El Niño devrait continuer à influencer fortement le climat mondial au cours des prochains mois. Sécheresses dans certaines régions tropicales, pluies diluviennes dans d’autres et perturbations agricoles ou marines pourraient s’accentuer à mesure que le phénomène approchera de son pic, attendu vers la fin de l’année. Son influence sur l’hiver européen reste en revanche beaucoup plus indirecte et incertaine.

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