Actualités Météo

Canicule en septembre : est-il encore possible d’avoir une vague de chaleur en France ?

Par Cyril Wuest, météorologue
mis à jour le

L’été météorologique s’achève le 31 août, mais les fortes chaleurs peuvent encore se prolonger bien au-delà. L’histoire récente montre que septembre est tout à fait capable de produire des vagues de chaleur remarquables, voire exceptionnellement tardives. Après l’été 2026 hors normes, la question mérite donc d’être posée : faut-il encore redouter une nouvelle séquence très chaude en septembre ?

Consulter la météo de votre ville
Automne chaleur septembre © LCM

Septembre peut encore connaître de fortes chaleurs

À mesure que septembre avance, les nuits deviennent plus longues et le soleil perd progressivement de sa puissance. Cela rend les canicules aussi longues et intenses qu’en juillet ou en août de moins en moins probables, surtout sur la moitié nord.

Mais le risque ne disparaît pas pour autant. Si un puissant anticyclone se positionne sur l’Europe centrale ou occidentale et qu’un flux de sud à sud-ouest se met en place, une masse d’air très chaude peut encore remonter depuis l’Espagne et l’Afrique du Nord.

Les vagues de chaleur de plus de cinq jours restent rares en septembre, mais plusieurs épisodes historiques montrent qu’elles sont parfaitement possibles. Le réchauffement climatique favorise d’ailleurs un allongement de la saison propice aux fortes chaleurs vers le printemps et l’automne.

Baisse de la durée du jour © LCM

1987 : une chaleur exceptionnelle en deuxième partie de mois

L’épisode de septembre 1987 constitue l’une des grandes références historiques. Du 12 au 21 septembre, une chaleur exceptionnelle s’est installée sur une grande partie du pays, avec des températures moyennes souvent 4 à 6°C au-dessus des normales.

Malgré une date déjà avancée dans le mois, les températures ont encore atteint des niveaux estivaux remarquables. 36,8°C ont notamment été relevés à Clermont-Ferrand.

La situation était caractéristique des grandes chaleurs tardives : hautes pressions persistantes sur le continent et remontée d’air chaud par le sud, empêchant les perturbations atlantiques de pénétrer franchement sur la France.

Chaleur septembre © LCM

2020 : l’après-midi de septembre le plus chaud jamais mesuré

La mi-septembre 2020 a également marqué les esprits. Du 14 au 18 septembre, la France a connu une séquence de chaleur remarquable, avec une température moyenne nationale sur cinq jours atteignant 23,4°C, un record pour cette période.

Le 14 septembre, la température maximale moyenne sur la France a atteint 33,4°C. Il s’agit de l’après-midi de septembre le plus chaud enregistré depuis le début de cet indicateur en 1947. Pendant quatre jours consécutifs, du 13 au 16 septembre, la maximale moyenne nationale a dépassé 30°C, une série alors inédite pour ce mois.

Cet épisode avait également battu de nombreux records mensuels jusque dans le nord et le nord-est, montrant qu’une chaleur très forte peut encore remonter très loin vers le nord en deuxième décade de septembre.

2023 : la référence moderne des vagues de chaleur de septembre

L’épisode de septembre 2023 reste le plus spectaculaire de ces dernières années. Entre le 3 et le 11 septembre, les températures se sont maintenues environ 4 à 6°C au-dessus des normales à l’échelle du pays.

La vague de chaleur a concerné pratiquement toutes les régions et s’est révélée particulièrement exceptionnelle dans l’ouest et le nord. L’Île-de-France, la Normandie, le Centre-Val de Loire et les Pays de la Loire ont connu des vagues de chaleur inédites pour un mois de septembre.

Le mois entier est finalement devenu le mois de septembre le plus chaud observé en France depuis 1900, avec une température moyenne de 21,1°C, soit +3,6°C par rapport aux normales 1991-2020.

Fait symbolique : pour la première fois depuis la création de la procédure en 2004, une vigilance orange canicule avait été déclenchée en septembre, concernant 14 départements.

Blocage en OMEGA © LCM

Pourquoi les fortes chaleurs tardives deviennent-elles plus probables ?

Les mécanismes météorologiques ne changent pas fondamentalement : il faut toujours une configuration capable de faire remonter et de maintenir une masse d’air subtropicale sur la France.

Ce qui évolue, c’est le niveau thermique de départ. Dans un climat plus chaud, les masses d’air remontant du sud sont elles-mêmes plus chaudes et les seuils autrefois exceptionnels deviennent plus faciles à atteindre.

Les projections climatiques montrent également que la période durant laquelle des vagues de chaleur peuvent se produire s’allonge progressivement. À mesure que le climat se réchauffe, des épisodes très chauds peuvent devenir possibles de plus en plus tard au mois de septembre.

Cela ne signifie évidemment pas que tous les mois de septembre deviendront caniculaires : la circulation atmosphérique reste déterminante d’une année à l’autre.

Septembre 2026 : un risque de nouvelles fortes chaleurs ?

Après un été 2026 exceptionnel, marqué par cinq épisodes caniculaires et 69 jours consécutifs au-dessus des normales entre juin et août, la fin de l’été marque enfin une rupture avec cette longue séquence de chaleur.

Il serait néanmoins prématuré d’affirmer que les fortes chaleurs sont définitivement terminées. Nos dernières tendances maintiennent un signal plus chaud que la normale assez robuste pour septembre 2026, avec la possibilité de véritables prolongations estivales et ponctuellement de fortes chaleurs.

Partager

À lire aussi

Articles les plus lus