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Aucun ouragan dans l’Atlantique à la mi-septembre : un calme record en plein pic de la saison cyclonique

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Alors que la saison cyclonique atteint habituellement son pic autour du 10 septembre, aucun ouragan ne s’est encore formé dans l’Atlantique en 2026. Une situation exceptionnellement tardive, alors que seules cinq tempêtes tropicales ont déjà été baptisées.

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Aucun phénomène cyclonique n'est visible au-dessus de l'océan Atlantique © NASA-MODIS

Un premier ouragan jamais aussi tardif depuis l’ère satellite ?

À la mi-septembre, l’Atlantique tropical présente une activité remarquablement faible. Cinq tempêtes tropicales se sont formées depuis le début de la saison, mais aucune n’a atteint le stade d’ouragan. L’énergie cyclonique cumulée, ou indice ACE, reste ainsi très largement inférieure à la normale.

Il faut remonter à 1941 pour retrouver une saison où le premier ouragan s’était formé aussi tardivement, autour du 21 septembre. Depuis le début de l’ère satellitaire, à la fin des années 1960, jamais le premier ouragan n’avait été attendu aussi longtemps.

Pourquoi l’Atlantique reste-t-il aussi calme ?

Le puissant épisode El Niño actuellement installé dans le Pacifique joue un rôle majeur. Il favorise un cisaillement des vents plus important au-dessus de l’Atlantique tropical, ce qui perturbe l’organisation des systèmes dépressionnaires et limite leur renforcement.

Des intrusions régulières d’air sec saharien et une configuration peu favorable de la mousson africaine ont également freiné le développement des ondes tropicales quittant l’Afrique.

La saison peut-elle encore se réveiller ?

Oui. La saison officielle se poursuit jusqu’au 30 novembre et septembre ainsi que le début octobre restent climatologiquement favorables aux cyclones. Un réveil tardif reste donc tout à fait possible, y compris avec la formation d’un ouragan intense si une fenêtre atmosphérique temporairement plus favorable se met en place.

Mais le signal général reste celui d’une saison nettement moins active que la normale. Dès août, les prévisions saisonnières américaines estimaient à 75 % la probabilité d’une saison moins active que la normale, avec 7 à 13 tempêtes nommées, 2 à 6 ouragans et au maximum deux ouragans majeurs. Le renforcement actuel d’El Niño pourrait continuer à freiner l’activité au cours des prochaines semaines.

À ce stade, 2026 s’impose donc déjà comme une saison cyclonique singulière : jamais, depuis que les satellites surveillent en permanence l’Atlantique, il n’avait fallu attendre aussi longtemps le premier ouragan de la saison.

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