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Pourquoi l’anticyclone revient-il sans cesse sur la France depuis des mois ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Depuis la fin du printemps, la France connaît une remarquable répétition de périodes anticycloniques, chaudes et sèches. Ce n’est pas le même anticyclone qui reste immobile depuis des mois : après chaque dégradation, les hautes pressions ont tendance à se reconstruire rapidement sur l’Europe de l’Ouest.

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Les hautes pressions sont restées prédominantes tout l'été sur la France © La Chaine Météo

Pourquoi les hautes pressions reviennent-elles toujours au même endroit ?

La clé se trouve en grande partie dans les ondulations du courant-jet. Ces grandes vagues atmosphériques, appelées ondes de Rossby, forment régulièrement une dorsale anticyclonique sur l’Europe occidentale, tandis que les dépressions circulent plus au nord, vers les îles Britanniques et la Scandinavie, ou contournent la France.

Certaines dépressions isolées près des Açores ou du Portugal, appelées "gouttes froides" peuvent même renforcer cette situation : positionnées à l’ouest de la péninsule Ibérique, elles font remonter de l’air subtropical vers la France et contribuent à amplifier la dorsale située en aval. C’est l’une des configurations qui a favorisé plusieurs épisodes de chaleur cette année, avec la formation des "dômes de chaleur", qui sont plutôt des dômes de hautes pressions.

Est-ce un blocage en oméga ?

Par moments, oui. Une dépression à l’ouest de l’Europe, une dorsale sur la France et une autre zone dépressionnaire plus à l’est peuvent former un véritable blocage en « oméga », déviant les perturbations autour de notre pays. Mais la particularité de 2026 tient surtout à la répétition de ces configurations plutôt qu’à un blocage unique et permanent.

La ceinture subtropicale de hautes pressions est également restée particulièrement présente vers nos latitudes. Une possible remontée vers le nord de la circulation subtropicale, liée notamment à la cellule de Hadley, constitue une piste étudiée, mais elle ne suffit pas à expliquer à elle seule la situation de cette année.

Cette récurrence des hautes pressions sur l’Europe de l’Ouest a mécaniquement repoussé le courant perturbé sur ses marges : pendant que la France restait sous une dorsale chaude et sèche, les talwegs et descentes d’air plus frais glissaient plus facilement vers l’Europe centrale, orientale et jusqu’à la Russie, selon un effet de “vases communicants” à l’échelle des grandes ondes atmosphériques.

Sécheresse et chaleur : un cercle vicieux

Après plusieurs mois secs, les sols ont perdu une grande partie de leur humidité. Ils utilisent donc moins d’énergie pour évaporer de l’eau et se réchauffent davantage au soleil. Chaque nouvelle période anticyclonique devient ainsi plus facilement chaude, ce qui accentue encore la sécheresse de la végétation et le risque d’incendie.

Une faible perturbation va s'immiscer entre deux anticyclones ce mercredi © La Chaine Météo

Pour l’instant, nos prévisions ne montrent toujours pas de reprise durable des perturbations atlantiques sur la France. Tant que le jet restera décalé vers le nord et que cette dorsale se reconstruira régulièrement, le blocage sec restera difficile à déloger.

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