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Nuages noctulescents : comment observer ces étonnants nuages qui brillent la nuit ?

Par Cyril WUEST, météorologue
mis à jour le

Rares, lumineux et presque irréels, les nuages noctulescents apparaissent au crépuscule durant la saison estivale. Situés à environ 80 kilomètres d’altitude, ils continuent de réfléchir la lumière du soleil alors que le ciel s’est déjà assombri. Voici comment se forment les nuages les plus élevés de l’atmosphère et comment tenter de les observer.

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Que sont les nuages noctulescents ?

Les nuages noctulescents, également appelés nuages mésosphériques polaires, sont les nuages les plus élevés visibles depuis le sol. Ils se forment généralement entre 76 et 85 kilomètres d’altitude, dans une région très froide de la mésosphère appelée la mésopause. À titre de comparaison, les cirrus se situent le plus souvent à moins de 12 kilomètres au-dessus de nos têtes.

Leur nom vient du latin noctilucens, qui signifie « brillant dans la nuit ». Ils ne produisent pourtant aucune lumière. Leur éclat provient du soleil, encore capable de les éclairer en altitude alors qu’il est déjà passé sous l’horizon pour l’observateur.

Ces nuages extrêmement fins sont constitués de minuscules cristaux de glace. Ils apparaissent principalement au-dessus des latitudes moyennes et polaires pendant l’été de chaque hémisphère.

Comment reconnaître un nuage noctulescent dans le ciel ?

Les nuages noctulescents se reconnaissent surtout à leur luminosité inhabituelle. Ils apparaissent au crépuscule, lorsque le ciel est déjà sombre, mais continuent de briller alors que les nuages situés plus bas sont devenus noirs ou ont disparu dans l’obscurité.

Leur teinte bleu argenté, leur structure fine et leurs motifs ondulés ou filamenteux les distinguent également des nuages classiques. Dans l’hémisphère nord, ils sont généralement visibles près de l’horizon nord, où leur éclat semble venir du ciel lui-même plutôt que d’un éclairage urbain.

Pour éviter de les confondre avec des cirrus, il suffit d’observer leur évolution : après le coucher du soleil, un cirrus ordinaire s’assombrit progressivement, tandis qu’un nuage noctulescent reste lumineux sur un ciel de plus en plus sombre.

Quand et où observer les nuages noctulescents ?

Dans l’hémisphère nord, les meilleures chances d’observation se situent surtout en juin et juillet, lorsque la mésosphère atteint ses températures les plus basses. Il faut privilégier une nuit claire, avec un horizon nord bien dégagé et le moins de pollution lumineuse possible. Les nuages noctulescents apparaissent généralement environ une à deux heures après le coucher du soleil, ou avant son lever, lorsque celui-ci se trouve quelques degrés sous l’horizon. En France, le phénomène reste rare, mais il peut être observé lors de certaines nuits estivales, surtout depuis les régions du nord du pays.

Que nous apprennent-ils sur l’atmosphère ?

Les nuages noctulescents n’annoncent ni pluie, ni orage, ni changement immédiat du temps. Ils se trouvent beaucoup trop haut pour influencer directement la météo que nous connaissons au sol.

Ils constituent en revanche de précieux indicateurs pour l’étude de la mésosphère. Leur forme permet notamment d’observer les vents, les ondes atmosphériques et les phénomènes de turbulence aux confins de l’atmosphère terrestre.

Les chercheurs étudient également leur évolution à long terme. Une augmentation de la vapeur d’eau dans la mésosphère ou un refroidissement de cette couche pourrait rendre ces nuages plus visibles ou plus fréquents. Des travaux ont établi un lien possible avec les modifications de la haute atmosphère provoquées par l’augmentation des gaz à effet de serre, mais leur évolution dépend de plusieurs facteurs et reste activement étudiée.

Des vagues lumineuses aux portes de l’espace

Observer des nuages noctulescents, c’est assister à un phénomène qui se déroule bien au-dessus de la météo quotidienne. Levez les yeux vers l’horizon nord pendant les crépuscules d’été : derrière un ciel apparemment calme peuvent surgir de délicates vagues bleutées, encore éclairées par un soleil devenu invisible.

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