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Inondations en Thaïlande : comment la mousson a provoqué une telle catastrophe ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Après plusieurs jours de pluies torrentielles, Bangkok et une grande partie de la Thaïlande restent touchés par d’importantes inondations. La décrue s’amorce, mais le bilan humain et matériel est déjà lourd.

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de la Thaïlande au Népal, les perturbations de mousson étaient intenses ce week-end © NASA Modis

La mousson, au cœur de l’épisode

Depuis plusieurs semaines, la Thaïlande est soumise à une mousson de sud-ouest active, renforcée par plusieurs zones de basses pressions circulant depuis le Vietnam et la mer de Chine. Le service météorologique thaïlandais avait alerté dès la semaine dernière sur des pluies fortes à très fortes, notamment sur Bangkok, le centre et l’est du pays. Plus de 300 mm sont tombés localement en quelques jours dans la capitale, soit presque un mois de pluie. Le mois de septembre est d'ailleurs l'une des plus mauvaises périodes de l'année pour y voyager.

Pourquoi les dégâts sont-ils si importants ?

Le phénomène est multifactoriel : pluies répétées, sols saturés, débordement de réservoirs et drainage urbain rapidement dépassé. Bangkok est particulièrement vulnérable car la ville est très basse, densément urbanisée et s’affaisse progressivement. Au moins 12 personnes ont perdu la vie, environ 700 000 personnes ont été touchées et plusieurs milliers ont été évacuées. Les pertes économiques sont déjà estimées à plus de 300 millions de dollars.

El Niño est-il responsable ?

Pas directement. El Niño est actuellement bien installé et continue de se renforcer, mais il agit surtout sur les grandes tendances saisonnières. Or, pour la Thaïlande, ses effets ne se résument pas à « plus de pluie » : ils peuvent même favoriser des périodes plus sèches selon les régions et les saisons. L’épisode actuel s’explique d’abord par la position des dépressions de mousson, le renforcement du flux de sud-ouest et la répétition de dépressions tropicales régionales.

La situation devrait désormais s’améliorer progressivement, même si des pluies restent possibles et que certaines zones basses mettront encore plusieurs jours à évacuer l’eau.

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