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Épisode cévenol : pourquoi les prévisions se sont-elles brutalement aggravées ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

En moins de 24 heures, le scénario météo s’est nettement durci sur le sud-est. D’un épisode cévenol classique, la situation a évolué vers un épisode méditerranéen potentiellement exceptionnel, avec des cumuls revus fortement à la hausse et surtout un risque d’orages diluviens jusque dans les plaines urbanisées.

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Les cumuls modélisés évoquent désormais de 300 à 500 mm, ce qui est exceptionnel © La Chaine Météo

D’un épisode cévenol classique à un épisode méditerranéen beaucoup plus préoccupant

Au départ, le scénario reposait surtout sur des pluies durables bloquées sur les Cévennes. Mais les dernières simulations ont progressivement fait apparaître un risque beaucoup plus fort de cellules orageuses peu mobiles, voire rétrogrades, capables de se régénérer plusieurs heures sur les mêmes secteurs. Dans cette configuration, les intensités peuvent dépasser 60 à 100 mm en une heure, avec 200 à 400 mm possibles en quelques heures sur les secteurs les plus exposés. C'est ce qui se produit depuis cette nuit.

Pourquoi les modèles ont-ils autant aggravé le scénario ?

Plusieurs ingrédients se sont précisés à très courte échéance : un flux de sud à sud-est durable, une alimentation méditerranéenne très humide, une eau précipitable supérieure à 45 mm (l'air est très chargé en humidité, avec plus de 45 mm d’eau potentiellement disponible dans la colonne atmosphérique, de quoi alimenter des pluies très intenses si les orages restent stationnaires.) et une instabilité suffisante pour entretenir ces orages très pluvieux. Le vent marin, en faiblissant localement, peut aussi favoriser la fixation du système orageux et la formation d'une "structure en V", particulièrement propice aux pluies stationnaires. Ces particularités rendent la prévision des orages particulièrement délicate.

Le danger s’est déplacé vers les plaines

C’est surtout ce point qui a changé la qualification de l’épisode. Le risque ne concerne plus seulement les reliefs cévenols : le système bascule vers le Vidourle, Montpellier, Lunel puis Nîmes, avec localement 100 à 200 mm en 3 heures et jusqu’à 200 à 300 mm en 6 heures sous les noyaux les plus actifs.

Dans ce type de situation, la zone générale à risque est identifiable plusieurs jours à l’avance, mais l’emplacement exact des cellules stationnaires ne se précise souvent qu’à très courte échéance. C’est ce qui peut faire passer rapidement un épisode modéré à un niveau d’alerte beaucoup plus élevé.

Avec le réchauffement climatique, une Méditerranée plus chaude peut fournir davantage de vapeur d’eau aux épisodes pluvio-orageux intenses, mais l’intensité précise d’un événement reste d’abord liée à sa configuration météorologique du jour.

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