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Pluies historiques en Corse : comment plus de 500 mm ont-ils pu tomber en quelques heures ?
La Corse a subi mardi 20 octobre des pluies d'une violence exceptionnelle, battant plusieurs records nationaux. Derrière ces déluges, une combinaison redoutable : Méditerranée encore tiède, air très humide et orages stationnaires.
Deux morts et cinq records nationaux de pluie
La façade orientale de la Corse a été frappée par un véritable déluge, avec 573 mm en 24 heures à Solenzara, dont 196,2 mm en une heure, 420,6 mm en trois heures et 538,5 mm en six heures. Cinq records nationaux d'intensité pluviométrique ont été battus. Les inondations ont provoqué d'importants dégâts, des routes coupées, des évacuations et de fortes perturbations des transports. Le bilan humain de l'épisode s'élève à deux morts : un homme emporté par les eaux à Ghisonaccia et une autre victime dans les Bouches-du-Rhône.
Mer chaude et loi de Clausius-Clapeyron : la recette du déluge
La dépression Adam a favorisé de puissantes remontées d'air humide depuis une Méditerranée encore tiède. Selon la relation de Clausius-Clapeyron, la capacité de l'air à contenir de la vapeur d'eau augmente d'environ 7 % par degré de réchauffement. Associée à l'air froid en altitude, cette humidité a nourri des orages particulièrement actifs, renforcés par le soulèvement sur les reliefs corses. Leur régénération au même endroit pendant plusieurs heures explique ces cumuls extraordinaires, évoquant une « mousson méditerranéenne » (1), selon le géographe et climatologue Marcel Leroux (dans la Revue de géographie de Lyon, reprenant une analyse de 1992 évoquant une « mousson méditerranéenne »).
Des précédents historiques en France et outre-mer
Ces valeurs rappellent le déluge de Valleraugue, dans le Gard, où 950 mm étaient tombés en seulement 10 heures le 29 septembre 1900, une référence historique en France métropolitaine. En Corse, Bavella avait déjà reçu 792 mm en 24 heures en octobre 1993. Outre-mer, les extrêmes sont encore plus impressionnants : à La Réunion, le cyclone Denise avait déversé 1 825 mm en 24 heures à Foc-Foc en janvier 1966, un record mondial toujours reconnu.
Nota :
Les cinq records de Solenzara concernent des durées de 30 minutes à 6 heures, pas le cumul sur 24 heures. Le chiffre de 573 mm en 24 heures mérite encore une validation climatologique définitive.
(1) L’expression « mousson méditerranéenne », utilisée notamment par le géographe et climatologue Marcel Leroux (1993), désigne par analogie le retour saisonnier des pluies intenses en automne sur le pourtour méditerranéen. Elle ne correspond toutefois pas à une véritable mousson au sens climatologique, caractérisée par une inversion saisonnière des vents.