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Vortex polaire : un phénomène exceptionnel début novembre, quelles conséquences météo en France ?
Un réchauffement stratosphérique soudain (SSW), exceptionnellement précoce, est envisagé début novembre au-dessus de l'Arctique. Cette perturbation du vortex polaire annonce-t-elle un tournant de l'automne ? Quelles conséquences sur les températures en France et en Europe ?
Les 5 points à retenir
- Un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) envisagé autour du 6 novembre.
- Un événement potentiellement parmi les plus précoces jamais observés.
- Un vortex polaire fortement déformé et déplacé au-dessus de l'Arctique.
- Un risque accru de blocages atmosphériques et de descentes d'air froid en fin d'automne.
- Des prévisions saisonnières toujours orientées vers un hiver globalement doux.
Un événement exceptionnel à 30 km au-dessus de nos têtes
Les derniers calculs du modèle européen ECMWF montrent un risque important de réchauffement stratosphérique soudain (SSW) début novembre. Ce phénomène survient lorsque de grandes ondes atmosphériques perturbent le vortex polaire, cette circulation de vents d'ouest qui tourne autour de l'Arctique à près de 30 km d'altitude. Les vents peuvent alors ralentir, voire s'inverser. Cette fois, le vortex serait principalement déformé et déplacé hors du pôle, sous l'effet d'ondes atmosphériques particulièrement actives. Un tel événement serait exceptionnellement précoce, alors que le vortex est normalement en plein renforcement à cette période.
Pourquoi un tel phénomène serait-il historique ?
Les réchauffements stratosphériques soudains majeurs ne sont pas rares : ils surviennent en moyenne environ deux hivers sur trois, principalement en janvier et février, lorsque le vortex polaire est bien installé. En revanche, leur apparition dès le début novembre serait exceptionnelle. Si le réchauffement stratosphérique majeur envisagé autour du 6 novembre 2026 se confirme, il battrait de plus de trois semaines le précédent record de précocité, établi le 28 novembre 1968 et égalé en 2025. Un événement inédit depuis le début des observations modernes, en 1959, selon les réanalyses ERA5.
Ce réchauffement stratosphérique précoce serait favorisé par une forte activité des ondes atmosphériques, possiblement amplifiée par El Niño (1) et certains blocages anticycloniques, qui perturbent le vortex polaire alors qu’il est encore en phase de formation.
Quelles conséquences possibles sur les températures en France et en Europe ?
Un réchauffement stratosphérique majeur augmente le risque de blocages anticycloniques aux hautes latitudes (2), favorisant parfois des descentes d'air polaire vers l'Europe. Si le phénomène se confirme début novembre et se propage vers la troposphère, la probabilité d'épisodes plus froids augmenterait à partir de la seconde moitié de novembre et en décembre. Mais leur intensité, leur durée et les régions concernées restent très incertaines. Ce signal ne remet donc pas en cause les prévisions d'un hiver globalement doux, mais rappelle qu'une saison plus douce que la normale n'exclut pas des périodes de froid marqué.
Que retenir ? Nous sommes peut-être à un tournant de la circulation atmosphérique de cet automne, mais pas encore à celui de nos prévisions hivernales. Les prochaines semaines permettront de déterminer si cette perturbation stratosphérique se confirme et si ses effets peuvent atteindre l'Europe occidentale.
Note
(1) Taguchi et Hartmann (2006), Journal of Climate — Increased Occurrence of Stratospheric Sudden Warmings during El Niño as Simulated by WACCM. Les simulations montrent qu'El Niño favorise l'activité des ondes planétaires et augmente la fréquence des SSW.
(2) Peings (2019), Geophysical Research Letters — Ural Blocking as a Driver of Early-Winter Stratospheric Warmings. Cette étude démontre le rôle des blocages anticycloniques sur l'Oural dans l'amplification des ondes planétaires et l'affaiblissement précoce du vortex polaire.